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Pierre-Olivier Méthot : Université Laval
Méfiant face aux théories abstraites du changement scientifique, l’œuvre de l’historien des sciences Jacques Roger (1920-1990) s’attache à restituer les idées du passé dans leur contexte historique et culturel. Nous voudrions ici explorer une ligne de force peu remarquée dans la pensée de Roger : l’histoire et l’historiographie de la théorie de l’évolution. Nous proposerons une lecture croisée des critiques avancées par Roger face au travaux d’Yvette Conry, une ancienne élève de Canguilhem, et du biologiste et architecte de la synthèse moderne, Ernst Mayr, en histoire de la biologie. Si Conry incarne à ses yeux les défauts de l’épistémologie historique, Roger se montre beaucoup plus charitable à l’égard de « l’histoire des problèmes » de Mayr, dont il admire l’œuvre au point, peut-être, d’être incapable de porter sur elle un regard historique et critique. Nous verrons qu’en faisant ainsi l’éloge du travail de Mayr et en se portant à sa défense, Roger se place en porte-à-faux en regard des principes méthodologiques qu’il avait énoncé vingt ans plus tôt à propos du travail des « scientifiques-historiens ». En conclusion, nous reviendrons brièvement sur la situation de l’œuvre de Roger dans le contexte français et anglo-saxon.
Afin de faire écho au thème du 89e Congrès de l’Acfas, intitulé Sciences, innovations, sociétés, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir à la complexité et à la richesse des rapports (passés, présents et futurs) entre science, philosophie et société.
Érigées en champs de recherche autonomes, la philosophie et la science se sont développées de concert, nouant à chaque époque des rapports singuliers mais aussi changeants. Dans l’Antiquité, la philosophie s’institue en rupture avec l’opinion et coïncide avec la science en tant que quête de la vérité. À l’époque moderne, l’expression philosophie naturelle évoque encore l’idée selon laquelle la science et la philosophie relèvent d’une même entreprise intellectuelle.
Du tronc commun auquel elles appartenaient jusqu’alors, la physique, la chimie, la biologie et la psychologie s’autonomisent entre le 17e et le 19e siècle. Au 20e siècle, la phénoménologie et la philosophie analytique vont s’engager dans des voies qui opposeront frontalement science et philosophie. Néanmoins, dans le sillage du retour du naturalisme, les rapports entre la philosophie et les sciences empiriques seront une fois de plus appelés à se réinventer. Parfois envisagées comme étant « sur le même bateau », la science et la philosophie ont connu un nouveau rapprochement qui déboucha plus récemment sur l’idée d’une « philosophie expérimentale ».
Alors que la science est appelée à servir de fondement à la décision politique, réfléchir aux configurations qu’ont connues la science et la philosophie dans l’histoire de la pensée philosophique conduit à interroger de nouveau le rôle de la philosophie dans la science et dans la société plus largement. Comment et par quelles voies la philosophie peut-elle contribuer à la science? Inversement, qu’est-ce que la science peut amener à la philosophie, et comment décrire cet apport? Et comment ce dialogue pourrait-il enrichir la contribution de la philosophie aux grands débats de société?
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