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Majella Simard : Université de Moncton
En 2007, l’OMS a publié un guide mondial permettant aux acteurs d’innover sur les environnements bâti et social afin d’assurer un vieillissement actif des aînés. Ce guide propose aux municipalités d’adopter l’approche «ville-amie des aînés», c’est-à-dire d’encourager «[…] le vieillissement actif en optimisant la santé, la participation et la sécurité des citoyens âgés, pour améliorer leur qualité de vie». Le but de cette communication consiste à évaluer la portée des mesures mises en place par les différents acteurs sociaux de la petite ville de St-Quentin au Nouveau-Brunswick ayant entrepris la démarche VADA. De manière plus spécifique, elle vise à identifier les enjeux, les défis et les obstacles rencontrés en matière de capital socioterritorial. Sur plan théorique, notre cadrage repose sur le modèle de renforcement des capacités. Préconisant une approche qualitative, notre méthode d’analyse a consisté en la réalisation de 15 entrevues semi-dirigées effectuées auprès d’intervenants et de partenaires impliqués dans la démarche VADA et la tenue d’un groupe de discussion auprès d’aînés. En dépit de la volonté manifestée par les élus, nos résultats révèlent que la démarche n’a pas contribué à l’amélioration de la qualité de vie des aînés en raison de difficultés liées à l’absence d’un leadership partagé, à des problèmes de communication, de concertation et de démobilisation, mais aussi à la méconnaissance du projet, tant de la part des acteurs sociaux que des aînés.
Cette proposition de colloque est portée par le Centre de recherche sur le développement territorial (CRDT), qui rassemble les chercheurs des universités québécoises intéressés par le développement territorial et plus particulièrement par les dynamiques de développement-régression qui touchent les régions non métropolitaines. Ces territoires sont soumis à des tensions qui se renouvellent continuellement. Longtemps analysées en termes économiques autour de la relation de dépendance qui lie ces territoires aux aires métropolitaines et aux capitaux extérieurs, les dynamiques de ces territoires sont aujourd’hui regardées en s’intéressant à la diversité des conditions sociales et environnementales qui les caractérisent.
La période récente apporte son lot de questions qui, si elles ne sont pas toujours nouvelles, interrogent les modalités d’une transition de nos économies et de nos sociétés vers des modèles de développement qui sachent corriger les problèmes écologiques et sociaux engendrés par des systèmes de production qualifiés parfois de « productivistes » ou « extractivistes » et bâtir de nouvelles perspectives. La récente crise sanitaire a apporté son lot de questions autour de l’organisation du travail, de l’occupation du territoire, des approvisionnements de proximité, de la numérisation. Les territoires non métropolitains ont été confrontés à des questions criantes relatives au logement, aux transports, à l’accès aux réseaux haut débit, à des mobilités inédites (temporaires ou non), voire à l’approvisionnement en denrées de base. Le secteur des services s’en est trouvé bouleversé, avec une division du travail entre celles et ceux pouvant effectuer leur travail à distance et d’autres contraints d’effectuer leurs tâches en « présentiel », sans parler des nombreux métiers qui n’ont eu d’autre choix que de se réinventer.
C’est à une réflexion autour de ces transformations qu’invite le CRDT pour ce colloque dans le cadre du congrès 2022 de l’Acfas.
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