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La face cachée de l’analyse dans la preuve transcendantale kantienne

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Marin Clouet-Langelier : Université Laval

Résumé de la communication

À partir du XVIIesiècle, la notion d’analyse se transforme en suivant l’élaboration de la méthode d’expérimentation des sciences modernes dont le plan a été esquissé par Bacon et Descartes. Elle s’est alors nettement opposée aux preuves ostensives de la scolastique, afin de proposer un modèle qui suive l’ordre des raisons plutôt que l’ordre des matières. L’analyse est devenue une méthode visant la connaissance de la vérité par preuves indirectes, intégrant notamment l’apagogie. Après avoir présenté cette transmission à partir de Descartes, nous chercherons à thématiser l’édification de ce procédé chez Kant dans la première Critique et soutenir l’idée suivant laquelle la structure apagogique de la preuve transcendantale se situe en continuité avec la méthode d’analyse de l’âge classique. Si l’apagogie permet à Kant de fonder la philosophie comme science c’est en excluant toute référence à un principe inconditionné, car elle prend pour point de départ une hypothèse. Ainsi, l’analyse a imposé l’exigence d’immanentiser le discours contre toute référence extérieure, et trouverait dans la preuve transcendantale l’une de ses dernières élaborations. Cette continuité permettrait dès lors d’interroger la pertinence de la rupture des positivistes avec le kantisme, et de réévaluer leur définition de la scientificité, sachant qu’ils trouvent eux aussi leur origine dans l’analyse qui préfigure le faillibilisme de Popper.


Résumé du colloque

Afin de faire écho au thème du 89e Congrès de l’Acfas, intitulé Sciences, innovations, sociétés, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir à la complexité et à la richesse des rapports (passés, présents et futurs) entre science, philosophie et société.

Érigées en champs de recherche autonomes, la philosophie et la science se sont développées de concert, nouant à chaque époque des rapports singuliers mais aussi changeants. Dans l’Antiquité, la philosophie s’institue en rupture avec l’opinion et coïncide avec la science en tant que quête de la vérité. À l’époque moderne, l’expression philosophie naturelle évoque encore l’idée selon laquelle la science et la philosophie relèvent d’une même entreprise intellectuelle.

Du tronc commun auquel elles appartenaient jusqu’alors, la physique, la chimie, la biologie et la psychologie s’autonomisent entre le 17e et le 19e siècle. Au 20e siècle, la phénoménologie et la philosophie analytique vont s’engager dans des voies qui opposeront frontalement science et philosophie. Néanmoins, dans le sillage du retour du naturalisme, les rapports entre la philosophie et les sciences empiriques seront une fois de plus appelés à se réinventer. Parfois envisagées comme étant « sur le même bateau », la science et la philosophie ont connu un nouveau rapprochement qui déboucha plus récemment sur l’idée d’une « philosophie expérimentale ».

Alors que la science est appelée à servir de fondement à la décision politique, réfléchir aux configurations qu’ont connues la science et la philosophie dans l’histoire de la pensée philosophique conduit à interroger de nouveau le rôle de la philosophie dans la science et dans la société plus largement. Comment et par quelles voies la philosophie peut-elle contribuer à la science? Inversement, qu’est-ce que la science peut amener à la philosophie, et comment décrire cet apport? Et comment ce dialogue pourrait-il enrichir la contribution de la philosophie aux grands débats de société?

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
news icon Thème du colloque :
Science, philosophie, société
section icon Date : 10 mai 2022

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Titre du colloque :

Science, philosophie, société

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Thème du colloque :

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