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La langue comme véhicule ou comme ressource ? La nature de la réflexion métalinguistique dans une tâche de conscientisation plurilingue

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Nina Woll : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières

Résumé de la communication

Les apprenant∙e∙s plurilingues développent une conscience métalinguistique accrue (Cenoz & Gorter, 2014) en s'appuyant sur les langues précédemment acquises (Ringbom, 2007). Or, l’interaction naturelle entre les langues est rarement exploitée en classe. La communication explorera les types de réflexions métalinguistiques d’apprenant∙e∙s adultes qui manipulent leur répertoire langagier lors de tâches de conscientisation plurilingues.

Dans un cours débutant d'allemand L3 au Québec, 22 participant∙e∙s ont effectué trois tâches collaboratives visant la découverte de structures spécifiques. Les discussions ont été enregistrées et analysées pour les réflexions métalinguistiques avec ou sans connexions translinguistiques ainsi que pour leur niveau d'analyse (superficiel vs complexe) en termes de forme, sens et fonction (Larsen-Freeman, 2014).

Sur 173 réflexions métalinguistiques, 93 ont été codées comme étant de nature translinguistique, i.e. manipulant d'autres langues comme ressources (74% d’analyses complexes), et 80 utilisaient d'autres langues comme véhicules pour parler de la structure cible (71% complexes). Ainsi, lorsque des connexions translinguistiques sont établies, les apprenants réalisent des analyses qualitativement différentes selon les structures ciblées, en mobilisant divers aspects de leur répertoire plurilingue. Enfin, les données démontrent la richesse des réflexions lorsque les apprenant∙e∙s ont l’occasion d’activer leur répertoire plurilingue en classe

Résumé du colloque

De nombreuses personnes utilisent au quotidien d’autres langues que les langues officielles du pays où elles habitent. Au Québec, par exemple, 13,4 % de la population utilise une langue autre que le français ou l’anglais à la maison (Statistique Canada, 2017). Plusieurs personnes font aussi appel à plus d’une ressource de leur répertoire linguistique selon la situation (personnelle, professionnelle, etc.). Ce plurilinguisme se traduit par une plus grande diversité linguistique et culturelle des apprenant·e·s dans les diverses institutions scolaires et autres contextes éducatifs (ex. : garderies, bibliothèques, musées, etc.). Cette diversité se retrouve aussi chez les personnes professionnelles œuvrant dans ces milieux. Elle amène une grande richesse, mais aussi certains défis. Par exemple, pour les enseignant·e·s des écoles primaires et secondaires au Québec, aider tous les élèves à développer une maîtrise de la langue française suffisante à la réussite scolaire et à l’intégration s’avère un défi majeur. Devant ce défi, le nombre de milieux éducatifs où des approches plurilingues sont mises en œuvre demeure limité, même si la recherche empirique fournit peu d’appui aux approches monolingues (Cummins, 2007). En effet, chez les personnes plurilingues, les ressources cognitives entre les langues sont interdépendantes (Lau et al., 2017) : le développement de compétences en littératie dans une langue favoriserait leur développement dans une autre langue (Cummins, 2014). De plus, des recherches montrent que les ressources du répertoire linguistique constituent des marqueurs identitaires (Levasseur, 2017; Moore et Py, 2008) qui jouent un rôle important dans le développement d’identités linguistiques plurilingues (Pilote et al., 2010; Brisson, 2017).

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 10 mai 2022

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