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La parité « hommes-femmes » au prisme de l'idéologie patriarcale dans l’exécutif et au Parlement gabonais (1960-2020)

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Omer Arsène Ivora Mouangoye : Université Omar Bongo

Résumé de la communication

La présente communication vise à examiner la difficile évolution de la représentation des femmes gabonaises au sein de l’exécutif et du Parlement gabonais des années 1960 à 2020. En 1960, le Gabon accéda à la souveraineté. Devenu État indépendant le 17 août 1960, il dut mobiliser toutes les forces vives de sa nation pour se conformer aux normes internationales et s’engager sur la voie du développement. Pourtant, aux lendemains de cette indépendance, l’élite qui anima la vie politique, sociale et économique gabonaise fut essentiellement composée de la gent masculine. Les pesanteurs traditionnelles des communautés culturelles gabonaises ont fortement contribué à maintenir les femmes dans leurs rôles de mère et de femme au foyer, faisant ainsi de la politique une affaire d'hommes. À la fin des années 1960, et par le biais de leurs proximités avec le pouvoir alors établi au Gabon, deux femmes firent leur entrée au sein de l’exécutif. Puis, au milieu des années 1970, une poignée de femmes firent leur entrée au Parlement gabonais. Cet état de fait apparut comme l’ère de l’entrée des femmes dans la haute administration gabonaise. Pourtant, sur une période allant de 1960 à 2020, les femmes, si elles étaient très souvent citées dans les slogans et les discours de campagnes des gouvernants, n’avaient que très peu été représentées au sein de l’exécutif et du Parlement gabonais.

Résumé du colloque

Problématique

Si l’on considère que les savoirs circulent davantage à notre siècle qu’aux précédents, il convient néanmoins de (se) poser la question de leur démocratisation. En effet, une meilleure accessibilité aux savoirs implique-t-elle leur démocratisation? C’est tout l’enjeu de ce colloque.

On interrogera dans ce colloque les savoirs au pluriel, c’est-à-dire tant les savoirs scolaires, officiels (universités, instituts de recherche, etc.), que les savoirs endogènes. Par savoirs endogènes, on inclut les savoirs considérés ou vécus comme traditionnels. Dans cet ordre d’idées, on envisage les rapports entre les savoirs. Mais qui décide de leur visibilité et de leur transmission à grande échelle? Une indéniable concurrence idéologique existe entre des savoirs propres, c’est-à-dire à soi, et des savoirs majoritaires, souvent impropres, non pertinents, parce qu’imposés, trop généralisés (Deleuze et Guattari, 1980 et 1991). C’est également ce que montre le théoricien du contrôle culturel, l’anthropologue mexicain Guillermo Bonfil Batalla (1991), en proposant une catégorisation qui définit les éléments culturels selon que les décisions sont propres ou extérieures. Dans certains de ces cas, il y a résistance à l’absorption d’une culture par une autre.

On peut légitimement s’interroger sur ces conflits entre les savoirs : comment faire pour que la démocratisation n’empêche pas certains savoirs d’être reconnus à leur juste valeur? Nous constatons pourtant que certains éléments culturels de sociétés données peuvent devenir des postulats universalisables (pharmacopées autochtones d’Amazonie, cas des savoirs féminins sur la pêche en Afrique de l’Ouest, etc.), mais sont cependant discrédités et/ou poussés vers l’invisibilité.

Si l’on accepte, avec certains philosophes, que des populations de cultures endogènes et/ou autochtones sont à même de créer des concepts nouveaux, de sens différents, on ne peut nier leur capacité à produire des néologismes ou des sens re-signifiés. C’est donc une question de catégorisation sociale ou raciale, y compris en ce qui concerne l’inégalité entre les sexes. Car la « valence différentielle des sexes » (Héritier, 1996) est en passe de devenir, non sans mal, un objet de recherche légitime avec l’acceptation progressive de l’axiome selon lequel « la question de l’inégalité des sexes est éminemment politique. Ce modèle inégal est la matrice de tous les autres régimes d’inégalité » (Héritier), comme le montre son corollaire, la notion de « sexage » (Guillaumin, 1992).

Le fond de la question serait donc ici la position de subalternité imposée par les dominants dans la dynamique de coexistence des savoirs. Les dominé‑e‑s ont leur propre mode de certification et de validation des savoirs. Après James C. Scott (1990), il est reconnu que les subalternes développent une politique souterraine et résistent, de façon plus ou moins dissimulée, aux discours et aux pouvoirs dominants. Ils et elles imaginent un ordre social différent.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 10 mai 2022

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