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Elodie Faisca : Université Paris Nanterre
Notre communication s’appuie sur une recherche doctorale en cours, laquelle s’intéresse à la participation des enfants de 7 à 15 ans au cours des processus décisionnels en protection de l’enfance. Cette recherche qualitative s’appuie sur des observations des rencontres entre les différents acteurs impliqués dans l’intervention et des entretiens avec ces derniers. Dans un premier temps, nous développerons les choix méthodologiques opérés afin d’accéder à la dimension diachronique des interventions et des processus qui les composent. Dans un second temps, nous présenterons les étapes qui composent l’intervention et les processus de décision et la manière dont les enfants y sont tantôt présents, tantôt représentés et dans certains cas absents. Nous préciserons ici comment, à quels endroits et à quels sujets les enfants sont vus, entendus et parfois seulement nommés ou désignés. Nous poursuivrons notre propos en nous intéressant à la perception que les enfants eux-mêmes ont de ces processus à partir de 13 entretiens réalisés avec les enfants rencontrés au cours de la phase d’observation. Nous conclurons notre présentation en représentant le processus de participation à partir des étapes, des conditions et des freins repérés.
La participation des jeunes en difficulté est un angle mort des sciences sociales. Trop souvent absents des études, ces jeunes sur lesquels on porte le regard sont associés au non-engagement, à un caractère improbable ou aux difficultés de participation. Il en ressort l’impression qu’il est difficile d’intervenir pour promouvoir leur participation politique, sociale ou citoyenne. Cela renforce les perspectives d’analyse orientées vers les manques ou vers les obstacles qu’ils auraient à franchir pour s’engager. Dans le contexte actuel de vogue participationniste ou de promotion tous azimuts de la participation des usagers, certains dispositifs instrumentalisent les jeunes en difficulté pour prévenir leur exclusion sociale, les (ré)insérer.
Nos travaux (Greissler, Lacroix et Morissette, 2020) jettent un éclairage théorique, conceptuel et méthodologique sur ce sujet propulsé sur le devant de la scène politique et sociale. Ce champ de recherche n’étant pas défini, comme l’est par exemple la participation électorale, il est important de réfléchir à ce qu’est la participation des jeunes en difficulté, la manière dont elle émerge et dont on peut l’étudier. Des questions sont ainsi soulevées : 1) Comment définir la participation et circonscrire un objet de recherche qui concerne les jeunes en difficulté, quels outils théoriques mobiliser pour tenir compte de toutes les formes d’engagement, même les plus improbables? 2) Comment prendre en considération la participation selon un processus où les intervenants, et particulièrement les milieux de vie, ont au quotidien, dans le formel et l’informel, un rôle de levier? et 3) Comment traiter des enjeux de recherche comme l’échantillonnage et les biais, le recrutement, la création d’un espace de parole et de recherche, la place et la posture de chercheur-se, les stratégies d’analyse des discours, la prise en compte du contexte d’intervention, entre autres? C’est le but de ce colloque qui devrait pouvoir répondre à certaines questions à partir de travaux récents sur le sujet.
Titre du colloque :