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Christophe Point : Université de Sherbrooke
Selon de nombreuses recherches, la philosophie pour enfants (PPE) est pertinente pour travailler avec des élèves les compétences relevant de l'éthique et du dialogue de l’actuel programme québécois d’Éthique et Culture Religieuse au primaire (Leleux 2009, Duclos 2014, Herla 2013). C’est pourquoi former les étudiants en enseignement à la PPE semble une bonne idée.
Cependant, force est de constater que face à l’inconfort qu’éprouve une partie des futurs professeurs devant certaines Questions Socialement Vives (QSV), on voit parfois la discussion philosophique être brutalement redirigée ou même se clore. Comment rendre les futurs enseignants plus confortables avec les questions inconfortables, intersectionnelles et socialement vives des sujets éthiques ? Est-ce que la PPE peut contribuer à cet effort ? Quelles sont les limites actuelles des pratiques de la PPE sur ce terrain là ?
Notre intervention propose un tour d’horizon de ces problèmes, à partir de la formation universitaire des étudiants et étudiants à la didactique de l’éthique au baccalauréat en éducation. Nous présenterons les prétentions, souvent implicites, de la PPE à participer, en tant que méthode pédagogique, aux luttes féministes. Puis, nous illustrerons par des exemples de situations vécues les limites de ces prétentions. Enfin, nous souhaitons partager ce qui semble pour nous être des conditions de la pédagogie féministe de l’inconfort pour que la PPE puisse légitimement revendiquer sa participation à ce champ.
Les études féministes et de genre contribuent depuis leur émergence à enrichir le milieu québécois de la recherche. Elles se caractérisent aujourd’hui par un foisonnement impliquant de nouvelles avenues de recherche. Les chercheur·euse·s de différentes disciplines mobilisent des outils théoriques et des méthodes de recherche féministes divers. Si le champ des études féministes et de genre se présente comme étant dynamique et prolifique, il est toutefois dispersé parmi plusieurs disciplines et institutions. Il devient alors impératif de constituer de manière récurrente des espaces qui permettent de prendre acte du panorama des travaux théoriques et empiriques en études féministes et de genre et de témoigner de la richesse de la production scientifique au sein de la communauté de recherche professorale et étudiante, et de l’apport des milieux de pratique et militants.
Le colloque proposé constitue un espace au carrefour duquel seront mis en lumière des enjeux qui (re)traduisent la structure concrète et symbolique des différents systèmes d’oppression, dont le patriarcat. Certains objets de recherche plus classiques articulés autour des violences de genre, des représentations culturelles et des discours, du langage et de l’écriture ou encore de l’écoféminisme, sont toujours étudiés. Ceux-ci sont revisités avec des outils théoriques et méthodologiques hérités des débats traversant notamment le champ des études féministes et de genre. D’autres objets de recherche voient le jour à la faveur de disciplines émergentes comme la philosophie pour enfants, les études queer, les perspectives décoloniales, la théorie animée du cinéma d’animation. Enfin, des milieux de pratique et militants embrassent des postures féministes aux fins de mobilisation organisationnelle, comme c’est le cas dans le domaine de la musique au Québec. Ces enjeux seront donc au cœur du colloque « Focus sur de nouvelles avenues en recherche féministe ».
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