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Norm O'neill : Université de Sherbrooke
L'ONU a déclaré que les changements climatiques, induit par une augmentation des émissions de gaz à effet de serre, était le problème déterminant de notre époque. Les modèles climatiques sont les outils les plus avancés à notre disposition pour prédire les impacts futurs de l'évolution de l'atmosphère. La plus grande source d'incertitude face à ces projections est le comportement des aérosols, des nuages, des précipitations ainsi que leurs interactions et leurs rétroactions radiatives.
La caractérisation des aérosols, les nuages, la convection et la précipitation ont été identifiées par la NASA comme focus d'un nouveau système de télédétection de l'atmosphère (‘’AOS’’ pour ‘’Atmospheric Observing System’’). L'agence spatiale canadienne (ASC), le CNES, et JAXA seront partenaires de la NASA avec des capteurs sur les deux orbites prévues (le plateforme AOS-P1en orbite polaire et les plateformes AOS-I1 et AOS-I2 sur une orbite inclinée). Une douzaine de capteurs actifs et passif, à des longueurs d’onde du UV au radar seront lancés sur les plateformes AOS à partir de 2028. Un survol des capteurs de l’AOS et leurs applications sera présenté.
L’observation de la Terre (OT) a depuis longtemps fait ses preuves en appui à la prise de décisions éclairées dans de multiples champs, dont l’agriculture, l’hydrologie, la foresterie et la sécurité civile. Par ailleurs, au cours de la dernière décennie, un essor technologique et conceptuel intense a amené une multiplication des capteurs, un raffinement majeur des résolutions autant spatiales que temporelles, certes signes précurseurs de développement, mais aussi d’enjeux sociétaux.
S’inscrivant dans la foulée du colloque Acfas 2021, L’observation de la Terre à l’ère de la 4e révolution industrielle, cette édition se concentre sur quatre tendances clés : 1) l’introduction de nouveaux capteurs et plateformes innovantes; 2) les défis posés par les données massives; 3) l’utilisation de l’intelligence artificielle; et 4) la démocratisation de l’accès et de l’analyse des données.
En premier lieu, les nouveaux capteurs (LiDAR, hyperspectral) et plateformes (drones, CubeSat) repoussent les frontières radiométriques et spatiales, permettent la concrétisation de séries temporelles fiables et encouragent l’entrée de nouveaux joueurs dans le milieu. La multiplication des données d’OT nécessite quant une gestion de mégadonnées pour lesquelles les requêtes et l’analyse exigent des compétences complexes et un savoir-faire unique. Par ailleurs, l’IA s’étant rapidement imposée comme incontournable en OT, ses capacités d’automatisation et d’analyse révolutionnent le domaine du traitement des images, mais, en contrepartie, provoquent des questionnements éthiques et sociétaux importants. Enfin, l’accès et l’analyse de données d’OT se sont démocratisés grâce à l’infonuagique : ce nouveau paradigme ouvre la porte à une nouvelle clientèle de praticiens et praticiennes multidisciplinaires.
Ces avancées scientifiques et techniques constituent des tremplins d’innovation et de collaboration d’une valeur inestimable pour notre communauté et sont, comme il est déjà possible de l’observer, une voie d’avenir prometteuse.
Titre du colloque :