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La rémunération des dirigeants : Un problème d'agence ou un problème d'externalité ?

AM

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Ahmed Marhfor : UQAT&Chaire Africaine en Innovation et Management Durable, UM6P

Résumé de la communication

Au cours des dernières décennies, la rémunération des dirigeants a suscité beaucoup d'attention et de critiques . En Amérique du Nord, le rapport entre la rémunération des dirigeants et celle des travailleurs ordinaires a augmenté de façon exponentielle, ce qui engendre une disparité salariale . Cette situation a soulevé des préoccupations tant éthiques qu'économiques. Dans la littérature spécialisées, l'analyse de la rémunération du directeur général (PDG) repose principalement sur le problème fondamental de l'agence qui affecte les décisions de gestion. À cet égard, lorsque la propriété et la gestion sont séparées, les gestionnaires peuvent agir dans leur meilleur intérêt plutôt que dans celui des propriétaires de l'entreprise. Les auteurs ont proposé deux approches différentes pour expliquer le lien entre la rémunération des dirigeants et le problème d'agence. La première approche (du contrat optimal) considère la rémunération du PDG comme une solution partielle au problème d'agence. Une deuxième approche (du pouvoir managérial) considère la rémunération du PDG comme une partie de ce problème. Dans cette recherche, nous proposons une nouvelle perspective qui explique pourquoi il est possible d'assister à une rémunération excessive du PDG même en l'absence du problème principal-agent. Nous soutenons que la rémunération optimale des dirigeants devrait refléter les externalités négatives pour les tiers en dehors des interactions de marché entre les dirigeants et les conseils

Résumé du colloque

La rémunération des dirigeants soulève des débats depuis plus de 20 ans dans plusieurs domaines d’études, tels que la finance, les relations industrielles et l’économie (Tasawar et Nazir, 2019; Waldkirch, 2020; Cavaco et al., 2020). Selon l’Internal Revenue Service Statistics of Income (2020), la rémunération des dirigeants à travers le monde ne cesse d’augmenter. À titre d’exemple, selon le rapport de l’Economic Policy Institute (2020), la rémunération des dirigeants d’entreprises américaines a explosé de 1 167 % de 1978 à 2019, comparativement à celle d’un travailleur type qui n’a augmenté que de 13,7 % durant la même période. Les déboires économiques entourant la rémunération des dirigeants d’entreprise depuis la crise financière de 2008 et jusqu’à récemment n’ont cessé de remettre en question sa pertinence en tant que mécanisme de gouvernance d’entreprise axé sur la maximisation de la valeur actionnariale.

Découlant des comportements opportunistes et non éthiques de la part des dirigeants d’entreprises, ces scandales ont ébranlé la confiance des parties prenantes internes et externes (Jacoby, 2020). Dans ce contexte, les dirigeants sont, de plus en plus, scrutés à la loupe et subissent de fortes pressions, notamment de la part des propriétaires d’entreprises, des investisseurs institutionnels et des syndicats (Jacoby, 2020). L’objet de ce colloque est de s’interroger sur les liens entre la rémunération des dirigeants, la structure de propriété et la gouvernance des entreprises. Les communications qui seront présentées lors de ce colloque chercheront à répondre aux questions suivantes : dans quelle mesure le type de contrôle et de propriété de l’entreprise influence-t-il le montant de la rémunération des dirigeants et leurs comportements? Quelles interactions existe-t-il entre les formes incitatives de la rémunération des dirigeants et le mode de gouvernance des entreprises? Quel rôle peut jouer l’acteur syndical dans la politique de rémunération des dirigeants mise en place et comment influence-t-il directement ou indirectement leurs comportements?

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 10 mai 2022

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