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La transition vers la ville intelligente : une nécessité pour les villes petites et moyennes ?

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Martin Simard : UQAC-Université du Québec à Chicoutimi

Résumé de la communication

La ville intelligente, également appelée smart city, est un concept à la mode que l’on peut associer aux stratégies de marketing territorial. Pour une municipalité, le fait de se réclamer de la ville intelligente est un symbole de modernité qui laisse présager l’attractivité, des emplois « technologiques » et une gestion urbaine plus efficace. Néanmoins, ce virage, présenté comme inéluctable, se ferait au prix d’investissement colossaux et d’intrusions dans la vie privée des citoyens. De plus, le projet profiterait davantage aux grandes entreprises qu’à la qualité de vie des populations. Pour certains, ce processus risque d’accroître les inégalités sociales, de transformer les pratiques démocratiques alors que les gains en efficacité et en durabilité seraient négligeables. Dans ce contexte, les villes petites et moyennes doivent-elles suivre l’exemple des métropoles intelligentes ? Sur le plan opérationnel, les villes à échelle humaine peuvent-elles choisir certains aspects de « l’intelligence urbaine » ou doivent-elle adopter ou rejeter en bloc ces changements profonds ? Plus largement, les stratégies des villes petites et moyennes auront-elles des conséquences sur les modes d’occupation et d’habitabilité des territoires non métropolitains ? Nous développerons cette réflexion sur la base d’une revue de littérature et d’exemples de stratégies mises en place au sein de municipalités québécoises.

Résumé du colloque

Cette proposition de colloque est portée par le Centre de recherche sur le développement territorial (CRDT), qui rassemble les chercheurs des universités québécoises intéressés par le développement territorial et plus particulièrement par les dynamiques de développement-régression qui touchent les régions non métropolitaines. Ces territoires sont soumis à des tensions qui se renouvellent continuellement. Longtemps analysées en termes économiques autour de la relation de dépendance qui lie ces territoires aux aires métropolitaines et aux capitaux extérieurs, les dynamiques de ces territoires sont aujourd’hui regardées en s’intéressant à la diversité des conditions sociales et environnementales qui les caractérisent.

La période récente apporte son lot de questions qui, si elles ne sont pas toujours nouvelles, interrogent les modalités d’une transition de nos économies et de nos sociétés vers des modèles de développement qui sachent corriger les problèmes écologiques et sociaux engendrés par des systèmes de production qualifiés parfois de « productivistes » ou « extractivistes » et bâtir de nouvelles perspectives. La récente crise sanitaire a apporté son lot de questions autour de l’organisation du travail, de l’occupation du territoire, des approvisionnements de proximité, de la numérisation. Les territoires non métropolitains ont été confrontés à des questions criantes relatives au logement, aux transports, à l’accès aux réseaux haut débit, à des mobilités inédites (temporaires ou non), voire à l’approvisionnement en denrées de base. Le secteur des services s’en est trouvé bouleversé, avec une division du travail entre celles et ceux pouvant effectuer leur travail à distance et d’autres contraints d’effectuer leurs tâches en « présentiel », sans parler des nombreux métiers qui n’ont eu d’autre choix que de se réinventer.

C’est à une réflexion autour de ces transformations qu’invite le CRDT pour ce colloque dans le cadre du congrès 2022 de l’Acfas.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 10 mai 2022

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