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L’actualité de Hegel face au positivisme logique selon Robert Brandom

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Raphaël Tossings : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

Le positivisme logique est connu pour s’être efforcé d’élaborer un système philosophique normatif rendant compte de l’objectivité de la connaissance scientifique en fournissant des critères de justification de ses énoncés. L’un des problèmes centraux auquel se sont heurtés ses partisans, notamment Carnap, est celui de la distinction entre les termes théoriques et les termes observationnels. La science, à l’image de la physique théorique, produit des explications qui présupposent en effet de nombreux termes dont les référents sont inobservables. L’empirisme strict de certains positivistes logiques se voyait ainsi mis en cause. Nous aimerions montrer que cette question était déjà au centre des interrogations de Hegel dans le chapitre « Force et entendement : phénomène et monde suprasensible » de la Phénoménologie de l’Esprit, tel qu’il est interprété par Robert Brandom dans A Spirit of Trust. La distinction serait de nature purement méthodologique (et non ontologique) : il convient dès lors de comprendre que les termes théoriques servent à situer les objets dans un réseau inférentiel d’implication et d’exclusion. Les termes théoriques et les termes observationnels se distinguent seulement en raison de leur rôle spécifique dans le raisonnement, mais ils sont comme tout concept soumis au logiciel inférentialiste prôné par Brandom et qu’il estime retrouver chez des auteurs comme Kant ou Hegel.

Résumé du colloque

Afin de faire écho au thème du 89e Congrès de l’Acfas, intitulé Sciences, innovations, sociétés, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir à la complexité et à la richesse des rapports (passés, présents et futurs) entre science, philosophie et société.

Érigées en champs de recherche autonomes, la philosophie et la science se sont développées de concert, nouant à chaque époque des rapports singuliers mais aussi changeants. Dans l’Antiquité, la philosophie s’institue en rupture avec l’opinion et coïncide avec la science en tant que quête de la vérité. À l’époque moderne, l’expression philosophie naturelle évoque encore l’idée selon laquelle la science et la philosophie relèvent d’une même entreprise intellectuelle.

Du tronc commun auquel elles appartenaient jusqu’alors, la physique, la chimie, la biologie et la psychologie s’autonomisent entre le 17e et le 19e siècle. Au 20e siècle, la phénoménologie et la philosophie analytique vont s’engager dans des voies qui opposeront frontalement science et philosophie. Néanmoins, dans le sillage du retour du naturalisme, les rapports entre la philosophie et les sciences empiriques seront une fois de plus appelés à se réinventer. Parfois envisagées comme étant « sur le même bateau », la science et la philosophie ont connu un nouveau rapprochement qui déboucha plus récemment sur l’idée d’une « philosophie expérimentale ».

Alors que la science est appelée à servir de fondement à la décision politique, réfléchir aux configurations qu’ont connues la science et la philosophie dans l’histoire de la pensée philosophique conduit à interroger de nouveau le rôle de la philosophie dans la science et dans la société plus largement. Comment et par quelles voies la philosophie peut-elle contribuer à la science? Inversement, qu’est-ce que la science peut amener à la philosophie, et comment décrire cet apport? Et comment ce dialogue pourrait-il enrichir la contribution de la philosophie aux grands débats de société?

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
news icon Thème du colloque :
Science, philosophie, société
section icon Date : 10 mai 2022

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Titre du colloque :

Science, philosophie, société

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Thème du colloque :

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