Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Maude Flamand-Hubert : Université Laval
Pendant les 50 dernières années, le plan d’aménagement forestier (PAF) a été conçu comme un outil d’administration des programmes publics de soutien à la production de bois en forêt privée. À partir du PAF se sont structurés un secteur d’activité et un système de relations entre les acteurs qui l’animent. Depuis une dizaine d’années, les changements globaux viennent bouleverser les fonctions du PAF en forêt privée. Que ce soit pour soutenir le développement local des communautés ou une industrie forestière en profonde transformation, conserver des écosystèmes sensibles ou lutter contre les changements climatiques, satisfaire la demande en récréation ou le désir individuel de posséder un coin de nature, les forêts privées attirent davantage l’attention et par conséquent le propriétaire forestier, ainsi que le geste que constitue la production d’un PAF. En effet, seuls les propriétaires forestiers possédant un PAF enregistré possèdent le statut de producteur forestier et « existent » dans les registres de l’État, soit 28 000 sur un total de 134 000 propriétaires. Cette communication propose d’explorer les relations qui se tissent entre les acteurs et le territoire à travers un outil technique destiné à l’individu, le plan d’aménagement forestier, et les transformations globales qui obligent à reconsidérer ses fonctions. Les changements actuels révèlent, plus profondément, les mutations en cours dans les rapports sociaux à la propriété individuelle, à la nature, et à l’État
Cette proposition de colloque est portée par le Centre de recherche sur le développement territorial (CRDT), qui rassemble les chercheurs des universités québécoises intéressés par le développement territorial et plus particulièrement par les dynamiques de développement-régression qui touchent les régions non métropolitaines. Ces territoires sont soumis à des tensions qui se renouvellent continuellement. Longtemps analysées en termes économiques autour de la relation de dépendance qui lie ces territoires aux aires métropolitaines et aux capitaux extérieurs, les dynamiques de ces territoires sont aujourd’hui regardées en s’intéressant à la diversité des conditions sociales et environnementales qui les caractérisent.
La période récente apporte son lot de questions qui, si elles ne sont pas toujours nouvelles, interrogent les modalités d’une transition de nos économies et de nos sociétés vers des modèles de développement qui sachent corriger les problèmes écologiques et sociaux engendrés par des systèmes de production qualifiés parfois de « productivistes » ou « extractivistes » et bâtir de nouvelles perspectives. La récente crise sanitaire a apporté son lot de questions autour de l’organisation du travail, de l’occupation du territoire, des approvisionnements de proximité, de la numérisation. Les territoires non métropolitains ont été confrontés à des questions criantes relatives au logement, aux transports, à l’accès aux réseaux haut débit, à des mobilités inédites (temporaires ou non), voire à l’approvisionnement en denrées de base. Le secteur des services s’en est trouvé bouleversé, avec une division du travail entre celles et ceux pouvant effectuer leur travail à distance et d’autres contraints d’effectuer leurs tâches en « présentiel », sans parler des nombreux métiers qui n’ont eu d’autre choix que de se réinventer.
C’est à une réflexion autour de ces transformations qu’invite le CRDT pour ce colloque dans le cadre du congrès 2022 de l’Acfas.
Titre du colloque :