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Hervé Cochard : INRAE
Les événements de mortalité d’arbres liés aux sécheresses augmentent de manière globale depuis quelques décennies, situation qui risque de s’aggraver avec l’augmentation des sécheresses caniculaires. Comprendre les bases physiologiques de ces dépérissements peut aider à identifier des espèces mieux adaptées, et peut aussi améliorer les modèles de prédiction de ces risques de mortalité. Une sécheresse modifie les fonctionnements hydriques et hydrauliques d’un arbre. Au-delà d’une certaine d’intensité, des événements de cavitation se produisent dans les vaisseaux du xylème, ce qui peut conduire à la mort des houppiers. La vulnérabilité à la cavitation apparait donc comme un processus physiologique clé de la mortalité des arbres exposés à des sécheresses. Les travaux portent actuellement sur la notion du risque de cavitation. Ce risque intègre la vulnérabilité intrinsèque du xylème à la cavitation, mais aussi la contrainte hydrique subie par les arbres en période de sécheresse. C’est principalement la transpiration résiduelle cuticulaire de l’arbre qui détermine la vitesse de déshydratation et donc le risque de cavitation. Pour évaluer ce risque, il est nécessaire d’intégrer tous ces processus dans un modèle hydrique et hydraulique de l’arbre. Ces modèles prédisent une augmentation forte du risque de cavitation avec le réchauffement climatique global, la variabilité génétique et la plasticité phénotypique des essences forestières semblant trop faibles pour limiter ce risque.
Considérant l’intensité et la rapidité sans précédent des changements climatiques, la santé des forêts est plus que jamais menacée, et plus particulièrement en l’absence de mesures de gestion efficaces et rapidement mises en place. En tant que réservoirs de biodiversité, sources de bienfaits culturels et environnementaux, milieux naturels de stockage de carbone et de production de bois, les forêts jouent un rôle majeur dans la lutte contre les changements climatiques. Afin de répondre aux objectifs de transitions écologiques, énergétiques et économiques de nos sociétés, une réflexion d’ampleur doit être menée autour de la gestion des forêts, en vue d’établir un consensus entre chercheurs, utilisateurs du milieu forestier et société. Il s’agit plus précisément de déterminer : 1) quelle place ont et devraient avoir les forêts dans l’économie et l’innovation de nos sociétés; 2) comment concilier une gestion forestière durable tout en répondant aux attentes rattachées aux valeurs culturelles et sentimentales, et la protection des forêts; et enfin 3) comment le développement et la gestion durables des forêts permettront de préserver les écosystèmes forestiers tout en dynamisant la filière bois.
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