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Nathalie Lewis : UQAR - Université du Québec à Rimouski
L’écosystème du lac Saint-Pierre, à cheval sur quatre régions administratives et aux usages sont multiples, est représentatif des défis que pose la mise en place d’approche(s) collaborative(s) pour la réhabilitation de grands écosystèmes. Dans ces territoires aux usages complexes, ne correspondant pas aux découpages politico-administratifs et sectoriels usuels, la gestion collaborative est loin d’être une évidence. Pourtant, elle y est incontournable, comme le montrent les travaux du Pôle d’expertise multidisciplinaire en gestion durable du littoral du Lac Saint-Pierre, au sein duquel s’inscrit notre recherche.
Au-delà de répéter, tel un mantra, l’importance de la gestion collaborative, notre communication vise à souligner l’importance d’en saisir les modalités et difficultés, mais aussi de prendre en compte les situations initiales contribuant à la mise en place de ces initiatives. Via une démarche croisant perspective néo-institutionnaliste et théories de l’action collective, nous avons analysé dix projets de réhabilitation de grands écosystèmes impliquant des acteurs hétérogènes, et dont la complexité fait écho à celle du Lac Saint-Pierre. Loin de viser une « recette » universelle (nécessairement utopique), notre objectif est d’examiner avec finesse les processus et les forces motrices à l’œuvre dans la mise en place et le déroulement de ces initiatives, afin d’éclairer les rouages de cette gestion intégrée, collaborative, durable (et complexe) des territoires
Cette proposition de colloque est portée par le Centre de recherche sur le développement territorial (CRDT), qui rassemble les chercheurs des universités québécoises intéressés par le développement territorial et plus particulièrement par les dynamiques de développement-régression qui touchent les régions non métropolitaines. Ces territoires sont soumis à des tensions qui se renouvellent continuellement. Longtemps analysées en termes économiques autour de la relation de dépendance qui lie ces territoires aux aires métropolitaines et aux capitaux extérieurs, les dynamiques de ces territoires sont aujourd’hui regardées en s’intéressant à la diversité des conditions sociales et environnementales qui les caractérisent.
La période récente apporte son lot de questions qui, si elles ne sont pas toujours nouvelles, interrogent les modalités d’une transition de nos économies et de nos sociétés vers des modèles de développement qui sachent corriger les problèmes écologiques et sociaux engendrés par des systèmes de production qualifiés parfois de « productivistes » ou « extractivistes » et bâtir de nouvelles perspectives. La récente crise sanitaire a apporté son lot de questions autour de l’organisation du travail, de l’occupation du territoire, des approvisionnements de proximité, de la numérisation. Les territoires non métropolitains ont été confrontés à des questions criantes relatives au logement, aux transports, à l’accès aux réseaux haut débit, à des mobilités inédites (temporaires ou non), voire à l’approvisionnement en denrées de base. Le secteur des services s’en est trouvé bouleversé, avec une division du travail entre celles et ceux pouvant effectuer leur travail à distance et d’autres contraints d’effectuer leurs tâches en « présentiel », sans parler des nombreux métiers qui n’ont eu d’autre choix que de se réinventer.
C’est à une réflexion autour de ces transformations qu’invite le CRDT pour ce colloque dans le cadre du congrès 2022 de l’Acfas.
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