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Stéphane Tirard : Nantes Université
En 1962, Jacques Roger publie dans les Mémoires du Muséum national d’Histoire naturelle un volume consacré à une édition critique des Époques de la Nature de Buffon*. Cet ouvrage du naturaliste français, paru en 1778, tome cinquième des suppléments de son Histoire naturelle générale et particulière**, est souvent considéré comme l’une des parties cruciales de son œuvre, car décrivant le processus irréversible de la transformation de la Terre depuis son origine, ainsi que le développement de la vie à sa surface jusqu’à l’apparition de l’homme. L’édition critique réalisée par Roger révèle toute la complexité de la genèse de cette œuvre. Elle offre une présentation comparée du texte publié et de ses versions manuscrites successives, ainsi que les notes de Buffon. En outre, en mobilisant sa connaissance approfondie du XVIIIe siècle, Roger ajoute à l’écrit du naturaliste un ensemble de notes et de chapitres thématiques et analytiques. L’objectif de cette intervention est double. Il s’agit d’une part, après avoir rapidement situé et décrit Les époques de la Nature, de présenter la méthode de Roger dans l’élaboration complexe de cette édition critique et d’autre part d’analyser la portée épistémologique d’un tel travail quant à la compréhension de l’œuvre de Buffon.
Afin de faire écho au thème du 89e Congrès de l’Acfas, intitulé Sciences, innovations, sociétés, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir à la complexité et à la richesse des rapports (passés, présents et futurs) entre science, philosophie et société.
Érigées en champs de recherche autonomes, la philosophie et la science se sont développées de concert, nouant à chaque époque des rapports singuliers mais aussi changeants. Dans l’Antiquité, la philosophie s’institue en rupture avec l’opinion et coïncide avec la science en tant que quête de la vérité. À l’époque moderne, l’expression philosophie naturelle évoque encore l’idée selon laquelle la science et la philosophie relèvent d’une même entreprise intellectuelle.
Du tronc commun auquel elles appartenaient jusqu’alors, la physique, la chimie, la biologie et la psychologie s’autonomisent entre le 17e et le 19e siècle. Au 20e siècle, la phénoménologie et la philosophie analytique vont s’engager dans des voies qui opposeront frontalement science et philosophie. Néanmoins, dans le sillage du retour du naturalisme, les rapports entre la philosophie et les sciences empiriques seront une fois de plus appelés à se réinventer. Parfois envisagées comme étant « sur le même bateau », la science et la philosophie ont connu un nouveau rapprochement qui déboucha plus récemment sur l’idée d’une « philosophie expérimentale ».
Alors que la science est appelée à servir de fondement à la décision politique, réfléchir aux configurations qu’ont connues la science et la philosophie dans l’histoire de la pensée philosophique conduit à interroger de nouveau le rôle de la philosophie dans la science et dans la société plus largement. Comment et par quelles voies la philosophie peut-elle contribuer à la science? Inversement, qu’est-ce que la science peut amener à la philosophie, et comment décrire cet apport? Et comment ce dialogue pourrait-il enrichir la contribution de la philosophie aux grands débats de société?
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