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Ariane Mirabel : University of Ontario Institute of Technology
Mieux comprendre les impacts du changement climatique en forêt boréale requiert d’analyser et simuler le rôle de la température et de la disponibilité en eau pour les écosystèmes forestiers. Peu d’expériences testent empiriquement l’effets de ces vecteurs à différentes échelles : leur importance comme déterminants de la productivité forestière selon les saisons reste mal connue, et la capacité des modèles de biosphère à reproduire cette importance est peu évaluée. Nous étudions ici la sensibilité de la croissance forestière au climat, d’abord à partir d’un réseau empirique de données de dendrologie à l’échelle du Canada, puis à partir des simulations de productivité d’un ensemble de quatorze modèles de biosphère. Les données empiriques montrent un gradient longitudinal de limitation de la croissance par la disponibilité en eau à une limitation par la température, qui est reproduit partiellement et faiblement par les modèles. Nous montrons un décalage significatif des données des modèles par rapport aux données de terrain dans l’importance des variables limitantes, en particulier pour la température et des précipitations estivales. Nous concluons que des axes d’amélioration pour la majorité des modèles de biomasse terrestres sont la représentation, pour les espèces boréales, de la conductance stomatique et des dynamiques de réserves de carbone.
Considérant l’intensité et la rapidité sans précédent des changements climatiques, la santé des forêts est plus que jamais menacée, et plus particulièrement en l’absence de mesures de gestion efficaces et rapidement mises en place. En tant que réservoirs de biodiversité, sources de bienfaits culturels et environnementaux, milieux naturels de stockage de carbone et de production de bois, les forêts jouent un rôle majeur dans la lutte contre les changements climatiques. Afin de répondre aux objectifs de transitions écologiques, énergétiques et économiques de nos sociétés, une réflexion d’ampleur doit être menée autour de la gestion des forêts, en vue d’établir un consensus entre chercheurs, utilisateurs du milieu forestier et société. Il s’agit plus précisément de déterminer : 1) quelle place ont et devraient avoir les forêts dans l’économie et l’innovation de nos sociétés; 2) comment concilier une gestion forestière durable tout en répondant aux attentes rattachées aux valeurs culturelles et sentimentales, et la protection des forêts; et enfin 3) comment le développement et la gestion durables des forêts permettront de préserver les écosystèmes forestiers tout en dynamisant la filière bois.