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Vincent Marcotte : Université Laval
Cette contribution à la table ronde s’intéresse à la critique de la philosophie transcendantale faite par Adrian William Moore, professeur de philosophie au St. Hugh’s College d’Oxford, dans son ouvrage Points of View. Sa thèse, à caractère épistémologique, est qu’une représentation absolue, c’est-à-dire objective, est possible et il la soutient à l’aide d’une preuve apagogique qui consiste à réfuter le plus grand contre-argument jamais avancé contre celle-ci, la philosophie transcendantale elle-même. Pour ce faire, il montre que le discours transcendantal est le résultat dénué de sens de notre tentative d’exprimer certaines connaissances ineffables. La contribution à la table ronde apportée par une étude du texte de Moore serait de tenter de déterminer si, dans le cadre de sa pensée, la philosophie transcendantale serait capable malgré tout d’échapper à cette critique et de se tailler une place dans le domaine du savoir contemporain. Autrement dit, il s’agirait, dans un premier moment négatif, de déterminer si le discours transcendantal échappe à la preuve apagogique que lui oppose Moore, puis, dans un second moment positif, de rendre compte de la force de sa scientificité face à certains problèmes philosophiques contemporains, à commencer par le retour d’une exigence d’absolu.
Afin de faire écho au thème du 89e Congrès de l’Acfas, intitulé Sciences, innovations, sociétés, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir à la complexité et à la richesse des rapports (passés, présents et futurs) entre science, philosophie et société.
Érigées en champs de recherche autonomes, la philosophie et la science se sont développées de concert, nouant à chaque époque des rapports singuliers mais aussi changeants. Dans l’Antiquité, la philosophie s’institue en rupture avec l’opinion et coïncide avec la science en tant que quête de la vérité. À l’époque moderne, l’expression philosophie naturelle évoque encore l’idée selon laquelle la science et la philosophie relèvent d’une même entreprise intellectuelle.
Du tronc commun auquel elles appartenaient jusqu’alors, la physique, la chimie, la biologie et la psychologie s’autonomisent entre le 17e et le 19e siècle. Au 20e siècle, la phénoménologie et la philosophie analytique vont s’engager dans des voies qui opposeront frontalement science et philosophie. Néanmoins, dans le sillage du retour du naturalisme, les rapports entre la philosophie et les sciences empiriques seront une fois de plus appelés à se réinventer. Parfois envisagées comme étant « sur le même bateau », la science et la philosophie ont connu un nouveau rapprochement qui déboucha plus récemment sur l’idée d’une « philosophie expérimentale ».
Alors que la science est appelée à servir de fondement à la décision politique, réfléchir aux configurations qu’ont connues la science et la philosophie dans l’histoire de la pensée philosophique conduit à interroger de nouveau le rôle de la philosophie dans la science et dans la société plus largement. Comment et par quelles voies la philosophie peut-elle contribuer à la science? Inversement, qu’est-ce que la science peut amener à la philosophie, et comment décrire cet apport? Et comment ce dialogue pourrait-il enrichir la contribution de la philosophie aux grands débats de société?
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