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Les « rhétoriques réactionnaires » et « l’antiféminisme ordinaire » : De la pensée conservatrice anti-genre au « féminisme de façade »

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Héloïse Michaud : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Dans une perspective critique et de changement, les études féministes et de genre visent à requalifier le réel, par la défamiliarisation et la déconstruction (Ollivier et Tremblay, 2000). La constitution de grilles de lecture par les chercheures, dans une visée de déconstruction, s’avère être une étape de l’analyse indispensable pour mettre en lumière les procédés utilisés par des groupes sociaux pour défendre leurs intérêts politiques.

Ainsi, depuis les années 1990, les rhétoriques et les argumentaires du phénomène socio-politique de l’antiféminisme ont fait l’objet de nombreuses études, qui ont permis de les décortiquer et de les déconstruire. Par ailleurs, le discours du féminisme qui exagère, ou « va trop loin », présent dans la culture populaire et les médias depuis les années 2000 (Faludi, 1991; Delphy, 2004) s’imbrique avec « l’antiféminisme ordinaire » (Descarries, 2005). Ce type d’antiféminisme se fait plus discret, allant parfois jusqu’à se déguiser en « féminisme de façade ».

Cette communication vise à examiner les parallèles entre ces grilles d’analyse et à présenter leur mise en application dans des cas d’étude de l’antiféminisme. Après avoir décrit les mécanismes qu’elles mettent en lumière, nous étudierons leur application à travers l’étude de cas des discours antiféministes sur l’écriture inclusive en France (2017). Cela nous amènera à interroger la potentielle application de ces grilles pour d’autres cas d’étude de l’antiféminisme.

Résumé du colloque

Les études féministes et de genre contribuent depuis leur émergence à enrichir le milieu québécois de la recherche. Elles se caractérisent aujourd’hui par un foisonnement impliquant de nouvelles avenues de recherche. Les chercheur·euse·s de différentes disciplines mobilisent des outils théoriques et des méthodes de recherche féministes divers. Si le champ des études féministes et de genre se présente comme étant dynamique et prolifique, il est toutefois dispersé parmi plusieurs disciplines et institutions. Il devient alors impératif de constituer de manière récurrente des espaces qui permettent de prendre acte du panorama des travaux théoriques et empiriques en études féministes et de genre et de témoigner de la richesse de la production scientifique au sein de la communauté de recherche professorale et étudiante, et de l’apport des milieux de pratique et militants.

Le colloque proposé constitue un espace au carrefour duquel seront mis en lumière des enjeux qui (re)traduisent la structure concrète et symbolique des différents systèmes d’oppression, dont le patriarcat. Certains objets de recherche plus classiques articulés autour des violences de genre, des représentations culturelles et des discours, du langage et de l’écriture ou encore de l’écoféminisme, sont toujours étudiés. Ceux-ci sont revisités avec des outils théoriques et méthodologiques hérités des débats traversant notamment le champ des études féministes et de genre. D’autres objets de recherche voient le jour à la faveur de disciplines émergentes comme la philosophie pour enfants, les études queer, les perspectives décoloniales, la théorie animée du cinéma d’animation. Enfin, des milieux de pratique et militants embrassent des postures féministes aux fins de mobilisation organisationnelle, comme c’est le cas dans le domaine de la musique au Québec. Ces enjeux seront donc au cœur du colloque « Focus sur de nouvelles avenues en recherche féministe ».

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
manager icon Responsables :
Chantal Maillé
section icon Date : 10 mai 2022

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