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Hala Harrathi : Université de la Manouba
De nos jours, la rémunération des dirigeants représente un sujet de plus en plus contesté et fait l’objet de plusieurs études : Ikram et al. (2019), Taeyeon et al. (2020) et Tsag et al. (2021). Les entreprises divulguent des informations détaillées se rapportant à leurs activités RSE. Plusieurs d’entre elles relient la rémunération des dirigeants à des paramètres de durabilité afin de signaler leur engagement envers la RSE et de motiver leurs dirigeants à prendre des décisions socialement responsables telles que United Airlines, Intel, Alcoa. Cette rémunération conditionnelle à la RSE peut s’avérer plus efficace à la création de valeur pour l’entreprise ce qui sera bénéfique pour les différentes parties prenantes à long terme. En se référant à la théorie institutionnelle, les contrats de rémunération liés à la RSE peuvent renforcer la légitimité des entreprises, ce qui réduit la probabilité de défaillance organisationnelle et peut éventuellement améliorer la performance financière. Notre communication aura pour objectif d’étudier l’effet de la divulgation d’information de la RSE et du niveau de rémunération des dirigeants sur la valeur de l’entreprise. Notre étude empirique portera sur un échantillon d’entreprises françaises cotées.
La rémunération des dirigeants soulève des débats depuis plus de 20 ans dans plusieurs domaines d’études, tels que la finance, les relations industrielles et l’économie (Tasawar et Nazir, 2019; Waldkirch, 2020; Cavaco et al., 2020). Selon l’Internal Revenue Service Statistics of Income (2020), la rémunération des dirigeants à travers le monde ne cesse d’augmenter. À titre d’exemple, selon le rapport de l’Economic Policy Institute (2020), la rémunération des dirigeants d’entreprises américaines a explosé de 1 167 % de 1978 à 2019, comparativement à celle d’un travailleur type qui n’a augmenté que de 13,7 % durant la même période. Les déboires économiques entourant la rémunération des dirigeants d’entreprise depuis la crise financière de 2008 et jusqu’à récemment n’ont cessé de remettre en question sa pertinence en tant que mécanisme de gouvernance d’entreprise axé sur la maximisation de la valeur actionnariale.
Découlant des comportements opportunistes et non éthiques de la part des dirigeants d’entreprises, ces scandales ont ébranlé la confiance des parties prenantes internes et externes (Jacoby, 2020). Dans ce contexte, les dirigeants sont, de plus en plus, scrutés à la loupe et subissent de fortes pressions, notamment de la part des propriétaires d’entreprises, des investisseurs institutionnels et des syndicats (Jacoby, 2020). L’objet de ce colloque est de s’interroger sur les liens entre la rémunération des dirigeants, la structure de propriété et la gouvernance des entreprises. Les communications qui seront présentées lors de ce colloque chercheront à répondre aux questions suivantes : dans quelle mesure le type de contrôle et de propriété de l’entreprise influence-t-il le montant de la rémunération des dirigeants et leurs comportements? Quelles interactions existe-t-il entre les formes incitatives de la rémunération des dirigeants et le mode de gouvernance des entreprises? Quel rôle peut jouer l’acteur syndical dans la politique de rémunération des dirigeants mise en place et comment influence-t-il directement ou indirectement leurs comportements?
Titre du colloque :