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Lire pour écrire dans un contexte plurilingue : stratégies monolingues et plurilingues des étudiant∙e∙s de 2e cycle

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Caroline Payant : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Les tâches de lecture-à-écriture (LàÉ) sont typiques des contextes d'enseignement supérieur dans lesquelles les étudiant∙e∙s lisent des articles scientifiques complexes afin de développer leurs connaissances les permettant ensuite de réaliser des tâches d’écriture intégrée. Des chercheurs se sont penchés sur les processus cognitifs qu’engendrent les tâches de LàÉ avec des apprenant∙e∙s d'anglais langue additionnelle (Payant et al, 2019 ; Wette, 2021), mais dans nos universités francophones, les étudiant∙e∙s sont confronté∙e∙s à des textes rédigés en anglais pour ensuite produire des textes académiques en français. Ces tâches de LàÉ plurilingues sont exigeantes, mais les stratégies de lecture dans une L2 et d’écriture dans une L1 sur lesquelles s’appuient nos étudiant∙e∙s de 2e cycle lors de tâches de LàÉ plurilingues ne semblent pas avoir fait l’objet d’études jusqu'à présent.

Notre étude cherche à soulever les stratégies plurilingues mobilisées par des francophones lors de la réalisation d’une tâche de LàÉ. Pour découvrir ces stratégies, 10 étudiant∙e∙s de 2e cycle d’une université francophone ont réalisé trois lectures scientifiques, ont rédigé un texte intégré et ont participé à deux entrevues de rappels stimulés. Nos données qualitatives ont capturé les stratégies monolingues et plurilingues. Nous discuterons de l’efficacité de ces stratégies à la lumière de la qualité des productions écrites.

Résumé du colloque

De nombreuses personnes utilisent au quotidien d’autres langues que les langues officielles du pays où elles habitent. Au Québec, par exemple, 13,4 % de la population utilise une langue autre que le français ou l’anglais à la maison (Statistique Canada, 2017). Plusieurs personnes font aussi appel à plus d’une ressource de leur répertoire linguistique selon la situation (personnelle, professionnelle, etc.). Ce plurilinguisme se traduit par une plus grande diversité linguistique et culturelle des apprenant·e·s dans les diverses institutions scolaires et autres contextes éducatifs (ex. : garderies, bibliothèques, musées, etc.). Cette diversité se retrouve aussi chez les personnes professionnelles œuvrant dans ces milieux. Elle amène une grande richesse, mais aussi certains défis. Par exemple, pour les enseignant·e·s des écoles primaires et secondaires au Québec, aider tous les élèves à développer une maîtrise de la langue française suffisante à la réussite scolaire et à l’intégration s’avère un défi majeur. Devant ce défi, le nombre de milieux éducatifs où des approches plurilingues sont mises en œuvre demeure limité, même si la recherche empirique fournit peu d’appui aux approches monolingues (Cummins, 2007). En effet, chez les personnes plurilingues, les ressources cognitives entre les langues sont interdépendantes (Lau et al., 2017) : le développement de compétences en littératie dans une langue favoriserait leur développement dans une autre langue (Cummins, 2014). De plus, des recherches montrent que les ressources du répertoire linguistique constituent des marqueurs identitaires (Levasseur, 2017; Moore et Py, 2008) qui jouent un rôle important dans le développement d’identités linguistiques plurilingues (Pilote et al., 2010; Brisson, 2017).

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 10 mai 2022

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