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Nathalie Molines : Université de technologie de Compiègne
L’urbanisme transitoire n’est mobilisé que tardivement au Québec. Longtemps restées marginales et spontanées, les occupations éphémères de terrains vacants ont récemment fait l’objet d’un regain d’intérêt par les acteurs de la région de Montréal. Ces pratiques se revendiquent désormais « transitoires » et sont annoncées comme créatrices de valeur pour les communautés qui les accueillent. Cette contribution interroge la mesure dans laquelle l’urbanisme transitoire participe d’un développement territorial créateur de valeur environnementale, voire sociale et économique.
Ce travail se fonde sur l’étude de trois projets d’urbanisme transitoire montréalais : le Bâtiment 7, le projet Young et Demain Montréal. Ces cas témoignent de la diversité de situations dans laquelle l’urbanisme transitoire active des ressources au service d’un développement territorial durable.
La contribution reviendra en premier lieu sur la revendication « transitoire » des occupations éphémères à Montréal, et ses implications par rapport à la notion de ressource territoriale. Puis, elle présentera la méthodologie retenue (revue de littérature, entrevues semi-directives et terrains réalisés dans le cadre du programme de recherche Érable) et les cas d’étude. Les résultats de recherche seront par la suite présentés puis discutés autour d’une grille d’analyse mettant en lumière la manière dont l’urbanisme transitoire s’affiche et s’affirme comme vecteur d’un développement territorial à valeur environnementale.
Cette proposition de colloque est portée par le Centre de recherche sur le développement territorial (CRDT), qui rassemble les chercheurs des universités québécoises intéressés par le développement territorial et plus particulièrement par les dynamiques de développement-régression qui touchent les régions non métropolitaines. Ces territoires sont soumis à des tensions qui se renouvellent continuellement. Longtemps analysées en termes économiques autour de la relation de dépendance qui lie ces territoires aux aires métropolitaines et aux capitaux extérieurs, les dynamiques de ces territoires sont aujourd’hui regardées en s’intéressant à la diversité des conditions sociales et environnementales qui les caractérisent.
La période récente apporte son lot de questions qui, si elles ne sont pas toujours nouvelles, interrogent les modalités d’une transition de nos économies et de nos sociétés vers des modèles de développement qui sachent corriger les problèmes écologiques et sociaux engendrés par des systèmes de production qualifiés parfois de « productivistes » ou « extractivistes » et bâtir de nouvelles perspectives. La récente crise sanitaire a apporté son lot de questions autour de l’organisation du travail, de l’occupation du territoire, des approvisionnements de proximité, de la numérisation. Les territoires non métropolitains ont été confrontés à des questions criantes relatives au logement, aux transports, à l’accès aux réseaux haut débit, à des mobilités inédites (temporaires ou non), voire à l’approvisionnement en denrées de base. Le secteur des services s’en est trouvé bouleversé, avec une division du travail entre celles et ceux pouvant effectuer leur travail à distance et d’autres contraints d’effectuer leurs tâches en « présentiel », sans parler des nombreux métiers qui n’ont eu d’autre choix que de se réinventer.
C’est à une réflexion autour de ces transformations qu’invite le CRDT pour ce colloque dans le cadre du congrès 2022 de l’Acfas.
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