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Brice Dimitri Tsona Zapzi : Université de Yaoundé I
La pratique du kòó’ fó « inciser remède » aboutit aux marques parallèles et le tcha’a boum « tacheter le corps » est indiqué par des dessins qui restent incompris et non appréciés à leur juste valeur dans le grassfields camerounais. De ce constat, cette communication ambitionne de donner la signification culturelle des signes relatifs au kòó’ fó et au tcha’a boum sur le corps de la femme. Pour parvenir aux résultats attendus, les entretiens individuels approfondis et l’observation directe ont facilité la collecte. L’analyse de contenu est la démarche utilisée pour les discours liés aux signes du kòó’ fó et du tcha’a boum. Les résultats obtenus montrent que le kòó’ fó permet de réaliser les signes corporels. En effet, sur le front, cinq incisions sont faites contre quatre sur la nuque. Quatre traits sont tracés sur le cœur. Les reins et la vessie sont marqués de sept et de neuf traits. Quatre traits sur le bras gauche et cinq sur le bras droit sont appliqués. Ainsi, le chiffre trois représente le sexe masculin, quatre le sexe féminin, cinq les doigts de la main, sept et neuf le pouvoir des notables et la durée d’une grossesse. En ce qui concerne le tcha’a boum, il est matérialisé sur le corps féminin par le léfó qui est un instrument de musique à deux entrées pour signifier la dualité fondamentale. Il est aussi indiqué par le serpent et le margouillat pour symboliser les attributs totémiques.
Les études sémiotiques et l’anthropologie connaissent des recoupements disciplinaires évidents, qui ne sont toutefois pas toujours reconnus ou travaillés comme tels. Toutes deux constituent des champs disciplinaires très vastes, qui comprennent des sous-domaines d’étude relativement autonomes, dont l’objet est dans tous les cas multiforme. Si l’anthropologie étudie l’humain, les sociétés et les cultures humaines, elle multiplie pour ce faire ses focales, ses méthodes, ses approches et ses visées, se penchant tant sur le processus biologique d’hominisation et les vestiges archéologiques des sociétés passées que sur la dimension symbolique et les diverses pratiques inhérentes aux cultures et sous-cultures contemporaines. De leur côté, les études sémiotiques traitent des signes et des médiations au moyen desquels les êtres vivants communiquent, interprètent et organisent le monde symbolique et pratique dans lequel ils évoluent au quotidien. En restreignant l’objet de la sémiotique à la sphère d’influence de l’activité humaine, et en considérant l’activité signifiante comme base de toute interaction humaine, nous posons que signe et sens commun forment un seuil pour l’étude des pratiques et des cultures humaines. Mais encore faut-il montrer la pertinence d’établir un seuil aussi fondamental. Ce colloque invite les chercheurs·euses œuvrant en sémiotique, en anthropologie (ou disciplines connexes : ethnologie, linguistique, sociologie, arts et lettres, communication, etc.) à venir partager l’état de leurs recherches et travaux sur les signes humains. Nous intéressent : les pratiques sémiotiques ordinaires, politiques ou artistiques, et plus largement les systèmes de signes, de croyances et l’implication des axiologies sur les échanges et la circulation des biens symboliques dans l’espace public, au sein des groupes humains et des cultures, les méthodes d’enquête en vue d’étudier de tels phénomènes aussi bien que les excursions théoriques qui en découlent.
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