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Gaël Bohnert : Université de Haute-Alsace
Les transitions territoriales sont le fait d’acteurs, plus ou moins ancrés dans un ou plusieurs territoires (Debarbieux, 2014). Elles peuvent en effet résulter de l’évolution des pratiques que mettent en œuvre ces acteurs, qui dépendent elles-mêmes de choix conditionnés par la mobilisation à différentes échelles, de ressources de natures variées (matérielles, financières, informationnelles etc.). Les pratiques des acteurs dépendent en premier lieu de ressources et contraintes propres à chaque système territorial (conditions géophysiques, géolégales, économiques, politiques, sociales et culturelles), mais également des perceptions , conduisant à des transitions territoriales diverses. Enfin, les choix des acteurs sont également conditionnés par les réseaux et les circulations dans lesquels s’inscrivent les pratiques, favorisant les convergences des processus de transitions, même en contexte transfrontalier comme dans le Rhin Supérieur.
Nous proposons d’étudier ces processus au prisme de l’adaptation au changement climatique, à travers une double comparaison : entre pays de la région transfrontalière du Rhin Supérieur (France, Allemagne, Suisse) et entre filières : brasserie, viticulture et grandes cultures.
Debarbieux, B. (2014). Enracinement – Ancrage – Amarrage : Raviver les métaphores. L’Espace geographique, Tome 43(1), 68‑80. https://www.cairn.info/revue-espace-geographique-2014-1-page-68.htm
Cette proposition de colloque est portée par le Centre de recherche sur le développement territorial (CRDT), qui rassemble les chercheurs des universités québécoises intéressés par le développement territorial et plus particulièrement par les dynamiques de développement-régression qui touchent les régions non métropolitaines. Ces territoires sont soumis à des tensions qui se renouvellent continuellement. Longtemps analysées en termes économiques autour de la relation de dépendance qui lie ces territoires aux aires métropolitaines et aux capitaux extérieurs, les dynamiques de ces territoires sont aujourd’hui regardées en s’intéressant à la diversité des conditions sociales et environnementales qui les caractérisent.
La période récente apporte son lot de questions qui, si elles ne sont pas toujours nouvelles, interrogent les modalités d’une transition de nos économies et de nos sociétés vers des modèles de développement qui sachent corriger les problèmes écologiques et sociaux engendrés par des systèmes de production qualifiés parfois de « productivistes » ou « extractivistes » et bâtir de nouvelles perspectives. La récente crise sanitaire a apporté son lot de questions autour de l’organisation du travail, de l’occupation du territoire, des approvisionnements de proximité, de la numérisation. Les territoires non métropolitains ont été confrontés à des questions criantes relatives au logement, aux transports, à l’accès aux réseaux haut débit, à des mobilités inédites (temporaires ou non), voire à l’approvisionnement en denrées de base. Le secteur des services s’en est trouvé bouleversé, avec une division du travail entre celles et ceux pouvant effectuer leur travail à distance et d’autres contraints d’effectuer leurs tâches en « présentiel », sans parler des nombreux métiers qui n’ont eu d’autre choix que de se réinventer.
C’est à une réflexion autour de ces transformations qu’invite le CRDT pour ce colloque dans le cadre du congrès 2022 de l’Acfas.
Titre du colloque :