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Modélisation du métabolisme urbain : un outil pour quantifier l’impact sur les émissions de gaz à effet de serre de stratégies d’économie circulaire

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Annie Levasseur : École de technologie supérieure

Résumé de la communication

La consommation de ressources et d’énergie au sein des villes est l’une des principales causes des émissions globales de gaz à effet de serre (GES). Mesurer ces flux, quantifier les émissions de GES associées et estimer leur évolution future est nécessaire afin de déterminer l’impact des villes sur les changements climatiques. Les stratégies d’économie circulaire peuvent contribuer à la réduction des émissions de GES des villes. Afin de quantifier les émissions de GES actuelles et à venir de la Ville de Montréal et d’estimer le potentiel de différentes mesures de réduction, un modèle de métabolisme urbain a été développé. Ce modèle dynamique et prospectif repose sur une approche socio-écologique systémique et inclut les émissions directes (ayant lieu sur le territoire) et indirectes (liées à la consommation de ressources produites à l’extérieur du territoire). L’empreinte carbone per capita de la Ville de Montréal a été évaluée pour la période de 2000 à 2018 à partir de données historiques, puis a été estimée jusqu’en 2030 pour un scénario de base. Le modèle a ensuite été utilisé afin de simuler des stratégies d’économie circulaire et d’en évaluer l’impact sur les émissions de GES. L’empreinte carbone per capita des différentes stratégies pour 2030 peut être comparée à celle correspondant à l’atteinte des cibles de l’Accord de Paris, soit 2,9 t CO2eq, afin d’en mesurer le potentiel.

Résumé du colloque

L’économie circulaire fait de plus en plus consensus sur le plan international comme système de production et de consommation capable, du moins en théorie, de rallier les impératifs économiques, environnementaux et sociaux et de contribuer massivement à la rencontre des objectifs globaux de réduction des GES, de même qu’à certains objectifs de développement durable du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE). Porté par les grandes instances internationales (PNUE, OCDE, Fonds pour l’environnement mondial, Institut des ressources mondiales, Organisation internationale du travail, etc.), ce modèle économique n’a toutefois, jusqu’à présent, jamais été déployé à grande échelle. Ainsi, alors que le taux de circularité de l’économie mondiale ne serait que de l’ordre de 8,6 % sur les 100 milliards de tonnes de matières qui alimentent annuellement l’économie, des scientifiques soutiennent que doubler ce taux permettrait d’atteindre les objectifs de l’Accord de Paris. Au Québec, la situation est encore plus dramatique, car le taux de circularité, dévoilé par un rapport rendu public au printemps 2021 par RECYC-QUÉBEC, ne serait que de 3,5 %, soit moins de la moitié du taux de circularité mondial. Les Québécois seraient donc parmi les champions du gaspillage, avec une consommation moyenne de ressources par habitant de l’ordre de 32 tonnes par an, comparativement à la moyenne mondiale qui se situerait aux alentours de 12 tonnes. La surconsommation de ressources entraîne son lot d’impacts environnementaux (émissions de GES, pollution en tout genre, perte de biodiversité, destruction des écosystèmes, etc.), mais également sociaux (impacts sur la santé, surendettement, inflation, etc.). La pertinence d’une transition vers l’économie circulaire ne fait aucun doute, mais les barrières à son accession sont nombreuses et nécessitent une approche systémique pour les lever en toute cohérence. Sur le plan de la recherche, de nouvelles approches collaboratives sont à élaborer et de nouvelles technologies et politiques publiques sont à développer. Sur le plan de la formation, de nouveaux cursus sont à concevoir.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 10 mai 2022

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