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Madeline Lamboley : Université de Moncton
Cette présentation aborde la (ré)insertion des travailleuses du sexe suivant le point de vue des femmes elles-mêmes et celui d’intervenantes. En s’appuyant sur les théories de l’intersectionnalité (Crenshaw, 1991) et des sois possibles (Markus et Nurius, 1986), nous arrimons les relations entre différents aspects de l’identité des femmes au sens donné aux aspirations et aux peurs exprimées, aux moyens mis en action et aux ressources disponibles quant à la (ré)insertion sociale des femmes. L’objectif est d’apporter une compréhension des besoins des femmes travailleuses du sexe en comparant leurs propres perceptions à celles d’intervenantes appelées à les accompagner. À partir de 36 entrevues semi-dirigées, réalisées au Nouveau-Brunswick auprès de femmes francophones travailleuses du sexe et d’intervenantes de divers milieux de pratique, cette communication exposera l’analyse des résultats qui en sont ressortis. En effet, trois dimensions de la (ré)insertion sociale seront présentées : matérielle, systémique et de valorisation. Nos résultats révèlent que les femmes expriment des besoins plus abstraits et les intervenantes des besoins plus concrets. Enfin, cette présentation proposera des pistes de réflexion pratiques et conceptuelles quant aux avenues de (ré)insertion sociale des femmes francophones travailleuses du sexe au Nouveau-Brunswick.
La réinsertion sociale est, depuis longtemps, au cœur des préoccupations des politiques publiques. Quels que soient les indicateurs, la forme ou le vocabulaire utilisé, l’idée de ne pas retourner en prison à la suite d’une condamnation pénale est souvent une des priorités avancées des gouvernements. En 1969, la Loi sur la probation et le système correctionnel du Québec estime que la réinsertion sociale est un des moyens à prioriser pour assurer la sécurité du public. Or, si les recherches en criminologie et en justice pénale font souvent référence à la notion de réinsertion sociale comme mesure de « réussite » ou d’« échec » des interventions pénales, cette notion n’est que rarement définie de façon unanime. Conséquemment, les chercheurs utilisent plusieurs indicateurs pouvant montrer qu’une personne est réinsérée ou non : ne pas récidiver dans un délai donné, terminer un programme avec succès ou se sentir comme partie intégrante de la société. En parallèle, on assiste à des transformations des systèmes pénaux et correctionnels depuis quelques années. Sur le plan de la prise en charge, de nouveaux modes de gestion des populations contrevenantes se développent, tels que des tribunaux ou des procédures spécialisés. Sur le plan de l’intervention, on assiste aussi au développement d’outils ciblant des problématiques ou des besoins de plus en plus précis. On note également une plus grande hétérogénéité au sein des populations prises en charge et l’apparition de groupes plus vulnérables, soit parce qu’ils sont plus fragilisés par leur passage dans le système pénal, soit parce que les interventions actuelles n’ont pas été réfléchies en fonction de leurs besoins particuliers (femmes, autochtones, aînés, jeunes, etc.). Le présent colloque a pour objectif de réfléchir à la manière dont la notion de réinsertion sociale est mobilisée dans les recherches contemporaines afin de mieux comprendre ses contours, ses enjeux et ses réalités. À travers les différentes présentations, le colloque vise ainsi à souligner la diversité des besoins, des concepts et des réflexions associés à la réinsertion sociale et, donc, à la multiplicité des formes d’intervention possibles. Il permet de repousser les frontières de la définition de la réinsertion sociale au-delà de la sortie de la peine, et au-delà d’une population strictement homogène.
Titre du colloque :