Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Benedicte Taillefait : Université Laval
La communication s’intéresse aux pratiques de lecture érotique des femmes telles qu’elles sont situées à l’intersection de la classe sociale, du genre et des sexualités. Il sera question d’explorer comment cet objet culturel peut être propice à l’enrichissement des analyses de l’intersectionnalité. À partir d’un corpus d’analyse préliminaire des usages de ces lectures par les femmes, il s’agira de montrer comment cela donne lieu à des pratiques négociées qui rendent compte de l’agentivité sexuelle et culturelle des lectrices, elles-mêmes situées à l’intersection de rapports de pouvoirs inégaux et multiples. L’étude des parcours de lectrices d’écrits érotiques permettra d’analyser les moyens de réappropriation d’espaces d’expression de la sexualité dans lesquels toutes les femmes n’évoluent pas à armes égales. Dans un premier temps, cette communication reviendra sur l’entrecroisement des enjeux de classe, de genre et de sexualité qui traverse la pratique de la lecture, notamment à tendance érotique. Dans un deuxième temps, il s’agira de montrer comment le concept d’agentivité sexuelle favorise une analyse intersectionnelle des parcours complexes de lectrices de contenus érotiques. En dernier lieu, les résultats préliminaires de la collecte de données seront présentés ainsi que les premiers constats de recherche qu’ils permettent.
Les études féministes et de genre contribuent depuis leur émergence à enrichir le milieu québécois de la recherche. Elles se caractérisent aujourd’hui par un foisonnement impliquant de nouvelles avenues de recherche. Les chercheur·euse·s de différentes disciplines mobilisent des outils théoriques et des méthodes de recherche féministes divers. Si le champ des études féministes et de genre se présente comme étant dynamique et prolifique, il est toutefois dispersé parmi plusieurs disciplines et institutions. Il devient alors impératif de constituer de manière récurrente des espaces qui permettent de prendre acte du panorama des travaux théoriques et empiriques en études féministes et de genre et de témoigner de la richesse de la production scientifique au sein de la communauté de recherche professorale et étudiante, et de l’apport des milieux de pratique et militants.
Le colloque proposé constitue un espace au carrefour duquel seront mis en lumière des enjeux qui (re)traduisent la structure concrète et symbolique des différents systèmes d’oppression, dont le patriarcat. Certains objets de recherche plus classiques articulés autour des violences de genre, des représentations culturelles et des discours, du langage et de l’écriture ou encore de l’écoféminisme, sont toujours étudiés. Ceux-ci sont revisités avec des outils théoriques et méthodologiques hérités des débats traversant notamment le champ des études féministes et de genre. D’autres objets de recherche voient le jour à la faveur de disciplines émergentes comme la philosophie pour enfants, les études queer, les perspectives décoloniales, la théorie animée du cinéma d’animation. Enfin, des milieux de pratique et militants embrassent des postures féministes aux fins de mobilisation organisationnelle, comme c’est le cas dans le domaine de la musique au Québec. Ces enjeux seront donc au cœur du colloque « Focus sur de nouvelles avenues en recherche féministe ».
Titre du colloque :
Thème du colloque :