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Performance, marché scolaire et choix de l’école secondaire : un triptyque générateur d’inégalités sociales?

JC

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Justine CASTONGUAY-PAYANT : Université de Montréal

Résumé de la communication

Au Québec, le système scolaire est régi par différentes lois, politiques et tendances qui affectent, orientent ou guident le fonctionnement des écoles de même que le travail des acteurs de l’éducation. Par exemple, la Nouvelle gestion publique (NGP) (en anglais New Public Management) fait partie de ces tendances et intervient dans la régulation de notre système éducatif. Elle oriente les actions des acteurs de l’éducation, mais aussi celles des établissements scolaires et des familles en fonction de la distribution de moyens et de ressources de natures diverses (Maroy, 2006; 2021). S’adjoignant ensuite aux contextes locaux, la NGP participe à l’émergence d’une culture ou d’une logique de marché en introduisant de la concurrence et des pratiques de choix scolaires dans les services éducatifs (Maroy, 2006; 2021). Cela favorise alors ce que Felouzis, Maroy et van Zanten (2013) appellent les « marchés scolaires » au cœur desquels les indicateurs de performance jouent un rôle clé. Dans ces conditions, on peut se questionner sur la place qu’occupe la notion de « performance » à la fois, dans les choix scolaires des parents, mais aussi dans la régulation des populations d’élèves dans le système scolaire. Cette communication souhaite examiner, dans une perspective sociologique et qualitative, comment des parents montréalais perçoivent la notion de performance, et comment celle-ci intègre (ou pas) leurs pratiques de choix de l’école secondaire au sein du marché scolaire de Montréal.

Résumé du colloque

On sait depuis longtemps que la réussite scolaire est un fort prédicteur de persévérance, de diplomation et de réussite professionnelle (Eccles et Wigfield, 2020). Malheureusement, l’objectif éducatif de réussite est souvent confondu avec celui de la performance. Par exemple, au Québec, l’une des manifestations de la valorisation de la performance est l’usage d’épreuves nationales obligatoires dites « à enjeu élevé ». À elles seules, ces épreuves valent habituellement 20 % de la note des cours ciblés au primaire et au premier cycle du secondaire, et peuvent atteindre 50 % de la note finale de cours conditionnels à l’obtention du diplôme d’études secondaires (MEES, 2021a). Ces notes sont d’ailleurs largement utilisées pour déterminer l’admission dans certains programmes ou collèges sélectifs au secondaire et au collégial (Heissel et al., 2020). De surcroît, le palmarès des écoles secondaires hiérarchise les milieux en se fondant principalement sur le rendement scolaire et la performance aux épreuves nationales (Desjardins et al., 2009), véhiculant donc l’idée que la performance est un critère central de la réussite et de la qualité d’un milieu scolaire. Une telle valorisation de la performance est susceptible d’engendrer des conséquences négatives importantes, comme des niveaux élevés de stress, de l’anxiété de performance, de la tricherie ou même de la sous-performance. En outre, le perfectionnisme, sain ou malsain, est une vulnérabilité qui peut être activée par les contextes de performance (Hewitt et al., 1998, 2017). Par ailleurs, une telle pression externe nuit au développement d’une motivation intrinsèque à l’égard de l’école, un facteur favorisant la persévérance et la réussite scolaires (Ryan et Deci, 2017). Au regard de la complexité de la problématique de la performance et de ses répercussions sur les élèves, il apparaît nécessaire d’établir un portrait complet, documenté empiriquement et à jour de ces multiples enjeux liés à la survalorisation de la performance.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 10 mai 2022

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