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Pauline Noiseau : Université de Montréal
Certains sujets semblent échapper au radar critique de la philosophie, notamment celui de l’inégalité de genre. En effet, les personnes femmes demeurent sous représentées dans les fonctions de professeures, leurs travaux sont rarement discutés et surtout, en tant qu’étudiantes féministes, nos expériences et nos interrogations sont largement ignorées. Cette communication permettra d’explorer le lien entre une expérience politique spécifique, à savoir se situer dans le monde comme féministe, et à partir d’expériences vécues comme philosophe. Nous aborderons les implications qu’ont eues nos expériences dans le monde comme corps subordonnés et en résistance sur le processus de création de la pensée. Nous tenterons ici de répondre à la question suivante : en quoi l’engagement féministe a-t-il profondément transformé notre manière de penser à la fois sur le monde, comme objet philosophique et dans le monde, comme sujet qui, spécifiquement expérimente ce monde. À cette fin, trois axes de réflexion seront abordées : 1) Penser sur le monde : comment le monde devient-il un objet philosophique lorsqu’il est la source d’une expérience violente ou de domination? 2) Penser dans le monde : en quoi la posture idéale du philosophe est-elle largement compromise lorsqu’il s’agit de penser à partir des catégories de genre? 3) Les sororités potentielles entre les philosophes féministes francophones de la France et du Québec à partir d’un espace linguistique commun.
Les études féministes et de genre contribuent depuis leur émergence à enrichir le milieu québécois de la recherche. Elles se caractérisent aujourd’hui par un foisonnement impliquant de nouvelles avenues de recherche. Les chercheur·euse·s de différentes disciplines mobilisent des outils théoriques et des méthodes de recherche féministes divers. Si le champ des études féministes et de genre se présente comme étant dynamique et prolifique, il est toutefois dispersé parmi plusieurs disciplines et institutions. Il devient alors impératif de constituer de manière récurrente des espaces qui permettent de prendre acte du panorama des travaux théoriques et empiriques en études féministes et de genre et de témoigner de la richesse de la production scientifique au sein de la communauté de recherche professorale et étudiante, et de l’apport des milieux de pratique et militants.
Le colloque proposé constitue un espace au carrefour duquel seront mis en lumière des enjeux qui (re)traduisent la structure concrète et symbolique des différents systèmes d’oppression, dont le patriarcat. Certains objets de recherche plus classiques articulés autour des violences de genre, des représentations culturelles et des discours, du langage et de l’écriture ou encore de l’écoféminisme, sont toujours étudiés. Ceux-ci sont revisités avec des outils théoriques et méthodologiques hérités des débats traversant notamment le champ des études féministes et de genre. D’autres objets de recherche voient le jour à la faveur de disciplines émergentes comme la philosophie pour enfants, les études queer, les perspectives décoloniales, la théorie animée du cinéma d’animation. Enfin, des milieux de pratique et militants embrassent des postures féministes aux fins de mobilisation organisationnelle, comme c’est le cas dans le domaine de la musique au Québec. Ces enjeux seront donc au cœur du colloque « Focus sur de nouvelles avenues en recherche féministe ».
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