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Fanny Tremblay-Racicot : École nationale d'administration publique
La gouvernance contemporaine des réseaux et des marchés implique l’adoption d’une pluralité de stratégies et d’instruments de politique publique de la part des gouvernements (Bryson et al. 2014). En matière environnementale, si la règlementation négociée avec les parties prenantes semble prévaloir (du moins en Europe) (Wurzel et al. 2013), la question de l’échelle d’intervention appropriée demeure marginale (Ozymy et Rey 2013). La transformation de l’économie linéaire vers la circularité, un enjeu à la fois économique, environnemental, mais aussi social, requiert quels types de stratégie, et par quels paliers de gouvernement? Comment l’action publique peut-elle se structurer? Guidée par ces questions, cette communication se veut une proposition de cadre d’étude visant à analyser la manière dont trois villes européennes ont structuré leurs interventions en matière d’économie circulaire, soit Glasgow (Écosse), Paris (France) et Amsterdam (Pays-Bas). Sur la base des documents publics disponibles, cette analyse comparée s’attardera au processus d’élaboration, à la structure de gouvernance, au contenu des politiques et aux instruments de mise en œuvre permettant d’atteindre les objectifs que ces municipalités se sont dotés, de même qu’aux cadres nationaux ou supranationaux dans lesquels elles s’inscrivent.
L’économie circulaire fait de plus en plus consensus sur le plan international comme système de production et de consommation capable, du moins en théorie, de rallier les impératifs économiques, environnementaux et sociaux et de contribuer massivement à la rencontre des objectifs globaux de réduction des GES, de même qu’à certains objectifs de développement durable du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE). Porté par les grandes instances internationales (PNUE, OCDE, Fonds pour l’environnement mondial, Institut des ressources mondiales, Organisation internationale du travail, etc.), ce modèle économique n’a toutefois, jusqu’à présent, jamais été déployé à grande échelle. Ainsi, alors que le taux de circularité de l’économie mondiale ne serait que de l’ordre de 8,6 % sur les 100 milliards de tonnes de matières qui alimentent annuellement l’économie, des scientifiques soutiennent que doubler ce taux permettrait d’atteindre les objectifs de l’Accord de Paris. Au Québec, la situation est encore plus dramatique, car le taux de circularité, dévoilé par un rapport rendu public au printemps 2021 par RECYC-QUÉBEC, ne serait que de 3,5 %, soit moins de la moitié du taux de circularité mondial. Les Québécois seraient donc parmi les champions du gaspillage, avec une consommation moyenne de ressources par habitant de l’ordre de 32 tonnes par an, comparativement à la moyenne mondiale qui se situerait aux alentours de 12 tonnes. La surconsommation de ressources entraîne son lot d’impacts environnementaux (émissions de GES, pollution en tout genre, perte de biodiversité, destruction des écosystèmes, etc.), mais également sociaux (impacts sur la santé, surendettement, inflation, etc.). La pertinence d’une transition vers l’économie circulaire ne fait aucun doute, mais les barrières à son accession sont nombreuses et nécessitent une approche systémique pour les lever en toute cohérence. Sur le plan de la recherche, de nouvelles approches collaboratives sont à élaborer et de nouvelles technologies et politiques publiques sont à développer. Sur le plan de la formation, de nouveaux cursus sont à concevoir.
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