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Maryliz Racine : Université libre de Bruxelles
Cette communication a pour objectif d’exposer un sentiment partagé par des étudiants et de jeunes chercheurs: celui d’une incertitude quant à la portée de leurs interprétations historiques ainsi qu’à la réception générale des arguments de type interprétatifs. L’analyse qualitative des documents historiques a certes fait ses preuves, mais demeure largement inchangée depuis nombre d’années. Cela dit, des critiques quant à la validité des résultats issus de ces approches sont susceptibles d’entacher les travaux notamment des étudiants, souvent invités à vulgariser leurs résultats. En effet, l’ère informationnelle actuelle où de fausses informations circulent s’accompagne aussi d’un doute généralisé lorsqu’il s’agit d’une interprétation des faits. Ce doute accable d’autant plus les disciplines où les méthodologies qualitatives sont mises en œuvre, puisque l’essentiel des analyses relève, aux yeux du grand public, d’une lecture subjective. Dans ce contexte, il s’agit de se questionner sur le décalage entre la méthodologie enseignée dans nos universités, et la pression ressentie par les étudiants et jeunes chercheurs. Comment s’ajuster à ce nouveau contexte informationnel ? Quelles transformations des approches sont requises ? Une piste de réflexion réside dans la valorisation d’approches pluridisciplinaires dans l’enseignement et dans la création d’espaces d’expérimentation et d’appropriation des méthodes qualitatives variées dans les universités.
La méthodologie étant au cœur des processus de production des connaissances scientifiques, l’Association pour la recherche qualitative (ARQ) poursuit une réflexion sur les particularités de la formation aux démarches qualitatives. Pour faire suite au colloque qu’elle a tenu en 2019, intitulé « Former par et à l’écriture du qualitatif », l’ARQ propose ce nouvel événement scientifique qui vise à explorer et à expliciter les tensions au cœur de la formation aux méthodologies qualitatives, et ce, tant du point de vue des processus d’enseignement et de transmission — vus du côté des enseignant.e.s — que des processus d’expérimentation et d’appropriation — vus du côté des étudiant.e.s. En raison de leurs aspects non codifiés, ajustés au contexte et créatifs, les démarches qualitatives ne peuvent être enseignées comme une marche à suivre prédéterminée. De plus, leur caractère itératif et indéterminé entre parfois en contradiction avec les milieux formels universitaires. Dès lors, cela incite à examiner les modalités et les conditions de leur mise en œuvre, à questionner comment les enseignant.e.s et étudiant.e.s négocient ces tensions afin d’enseigner et de s’approprier ces méthodologies. L’ARQ souhaite explorer ce sujet sous trois axes explicitant les tensions : 1) entre prescriptions et pratiques, afin d’interroger l’adaptation et la traduction des aspects théoriques et génériques des ouvrages méthodologiques aux terrains variés où la découverte et l’imprévisibilité sont de mise; 2) entre partage et négociation, afin d’explorer le rôle de l’expérimentation pratique, distante d’applications de formules et directives, dans l’échange, l’appropriation, la négociation et la réflexion critique des pratiques méthodologiques; et 3) entre conventions et innovations, afin d’interroger l’interaction entre les nombreuses contraintes issues des conventions, institutionnalisées ou implicites, et la capacité de s’approprier les aspects non codifiés des méthodes qualitatives afin d’innover.
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