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Quelle place pour les enseignants face aux nouveaux modes de gouvernance de l’école ? Une revue critique de la littérature scientifique

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Vincent Dupriez : Université catholique de Louvain

Résumé de la communication

Cette communication s’intéresse à l’autonomie professionnelle des enseignants au sein de systèmes éducatifs de plus en plus caractérisés par de nouveaux modes de gouvernance tels que le recours au marché, à la reddition de comptes et aux données probantes. Plus précisément, à partir d’une revue de la littérature scientifique internationale, nous montrons comment ces nouveaux modes de gouvernance affectent considérablement le groupe professionnel enseignant en produisant un déplacement des bases de la confiance, une division verticale du travail accrue et, au final, une menace envers le jugement professionnel enseignant. A l’instar d’une ‘scoping review’, cette contribution veille principalement à organiser les arguments et à proposer une relation de sens entre l’affaiblissement des « Etats éducateurs » et le développement de nouveaux modes de gouvernance s’appuyant davantage sur des dispositifs techniques - tels que les référentiels, les standards, les indicateurs, les palmarès et les contrats - que sur un projet politique adossé à des finalités.

Tout en actant la diversité des dispositifs et de leurs usages en fonction des systèmes éducatifs, il ressort de cette analyse le constat d’une multiplication des sources et des logiques de sollicitation des enseignants, conduisant à une complexification du champ scolaire. Nous soutenons en tout cas que ces dispositifs ont tendance à restreindre l’autonomie professionnelle des enseignants et à réduire la confiance envers eux.

Résumé du colloque

Depuis la seconde moitié du 20e siècle, l’école québécoise a connu d’importants changements institutionnels, curriculaires et pédagogiques. Schématiquement, les années 1960 sont le fait de la démocratisation de l’éducation et, à partir des années 1990, de nouvelles politiques éducatives, liées au New Public Management, se diffusent dans l’ensemble des pays de l’OCDE (Mons, 2006). Nous faisons l’hypothèse qu’elles se sont incorporées dans le système éducatif québécois (Lessard et Carpentier, 2015).

Certes, le ministère de l’Éducation fait de la lutte contre les inégalités une priorité, mais plusieurs de ses discours contiennent des références à l’efficacité et à une nouvelle régulation du système éducatif dont les principaux dispositifs sont la décentralisation, qui favorise la concurrence entre les établissements, leur évaluation et la « gestion axée sur les résultats », qui s’inscrivent dans une culture de la performance et de la responsabilité à laquelle doit adhérer, en principe, l’ensemble des agents scolaires comme les enseignants, les directeurs d’établissement, les professionnels non enseignants (psychologues, conseillers d’orientation, ergothérapeutes, etc.), mais également des techniciens (ex. : les éducateurs spécialisés) et des paratechniciens (ex. : surveillants d’élèves)?

L’objectif principal du colloque consiste à examiner, dans une perspective québécoise aussi bien qu’internationale, la manière dont les agents scolaires composent avec un système éducatif qui exige, tout à la fois, une réduction des inégalités, d’une part, et, d’autre part, l’efficacité de l’enseignement, du fonctionnement des établissements et du système éducatif dans son ensemble. Comment de possibles tensions entre des finalités démocratiques et des finalités « performatives » se traduisent-elles dans le travail concret des agents scolaires et dans la définition de leur identité professionnelle (ou au travail)? Enfin, ces tensions sont-elles, pour eux, source de souffrance?

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 10 mai 2022

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