pen icon Colloque
quote

Réduction des inégalités ou performance des systèmes éducatifs : Analyse de l’évolution des débats et négociations dans le canton suisse de Genève

SR

Membre a labase

Sonia Revaz : Université de Genève

Résumé de la communication

Dans le canton de Genève (Suisse), le débat sur le rôle de l’école dans la lutte contre les inégalités sociales est vif en particulier dans l’enseignement secondaire I (la dernière étape de la scolarité obligatoire. Depuis les années 1960, celui-ci est organisé en filières : les élèves sont séparés en fonction de leurs résultats scolaires lors de la dernière année de l’enseignement primaire. Ce choix, qui repose sur l’idée communément partagée que les élèves apprennent mieux dans des groupes de niveau, ne satisfait pourtant pas l’ensemble de la classe politique et des agents scolaires.

Les divisions sur cette question ont donné lieu à une réforme en 2011 qui a vu un Parlement extrêmement polarisé. Le consensus élaboré reposait sur le principe de filières « non hiérarchiques ». Bien que celui-ci eut apaisé la classe politique, il n’a pas résolu le problème des inégalités à l’école, qu’il a même renforcées. Face à cet échec, une nouvelle réforme du secondaire I est actuellement en cours d’élaboration, ravivant ainsi les débats sur la lutte contre les inégalités.

Cette communication propose de mettre en perspective les débats tenus dans le cadre des deux réformes et d’observer comment ils ont évolué en une décennie. Nous proposons plus particulièrement de questionner la place des agents scolaires (ici, les enseignants et les syndicats) dans ces débats et d’observer les négociations entre la lutte contre les inégalités et l’injonction de performance.

Résumé du colloque

Depuis la seconde moitié du 20e siècle, l’école québécoise a connu d’importants changements institutionnels, curriculaires et pédagogiques. Schématiquement, les années 1960 sont le fait de la démocratisation de l’éducation et, à partir des années 1990, de nouvelles politiques éducatives, liées au New Public Management, se diffusent dans l’ensemble des pays de l’OCDE (Mons, 2006). Nous faisons l’hypothèse qu’elles se sont incorporées dans le système éducatif québécois (Lessard et Carpentier, 2015).

Certes, le ministère de l’Éducation fait de la lutte contre les inégalités une priorité, mais plusieurs de ses discours contiennent des références à l’efficacité et à une nouvelle régulation du système éducatif dont les principaux dispositifs sont la décentralisation, qui favorise la concurrence entre les établissements, leur évaluation et la « gestion axée sur les résultats », qui s’inscrivent dans une culture de la performance et de la responsabilité à laquelle doit adhérer, en principe, l’ensemble des agents scolaires comme les enseignants, les directeurs d’établissement, les professionnels non enseignants (psychologues, conseillers d’orientation, ergothérapeutes, etc.), mais également des techniciens (ex. : les éducateurs spécialisés) et des paratechniciens (ex. : surveillants d’élèves)?

L’objectif principal du colloque consiste à examiner, dans une perspective québécoise aussi bien qu’internationale, la manière dont les agents scolaires composent avec un système éducatif qui exige, tout à la fois, une réduction des inégalités, d’une part, et, d’autre part, l’efficacité de l’enseignement, du fonctionnement des établissements et du système éducatif dans son ensemble. Comment de possibles tensions entre des finalités démocratiques et des finalités « performatives » se traduisent-elles dans le travail concret des agents scolaires et dans la définition de leur identité professionnelle (ou au travail)? Enfin, ces tensions sont-elles, pour eux, source de souffrance?

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 10 mai 2022

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :