pen icon Colloque
quote

Réflexion sur la pédologie de Vygotskij : Un chantier pour sortir des apories logico-formelles et biomédicales en éducation.

DA

Membre a labase

David Auclair : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Durant les années 1920-30, Lev. S. Vygotskij (1896-1934) s’intéresse aux médiations sémiotiques de la vie mentale afin d’étudier le développement des fonctions psychiques, émotionnelles et physiques de l’enfant (Schneuwly, 2002). À cheval entre la pédologie et la défectologie, passionné d’art, de philosophie et de littérature, il sépare judicieusement l’âge mental de l’âge scolaire, mais aussi les savoirs cliniques des réalités éducatives (Leopoldoff Martin & Schneuwly, 2018). Dans le but d’interroger les fondements éthiques qui président à la médicalisation des conduites et des humeurs des enfants, nous allons procéder dans cette présentation à un examen plus approfondi de ce que Vygotskij entend par la science de la pédologie. Selon lui, toujours liée aux sciences du développement de l’enfant, la pédologie doit devenir la base de l’expérimentation scolaire. Pour saisir la profondeur de sa proposition tout en actualisant la portée effective d’une telle démarche, nous allons poser deux questions auxquelles nous tenterons de répondre : qu’est-ce que la science de la pédologie peut apporter aux sciences de l’éducation ? Comment faire vivre la pédologie dans les réalités éducatives d’aujourd’hui ? Un premier pas peut être fait en montrant de quelle façon Vygotskij insiste sur l’importance pour les éducateurs de faire vivre ce qui est encore en germe. Le projet éducatif vygotskien insiste également sur le caractère dialectique et contradictoire du développement.

Résumé du colloque

Depuis quelques décennies, nos connaissances sur le développement des enfants se sont enrichies et accélérées grâce aux grandes enquêtes longitudinales, aux avancées statistiques, qui ont permis de traiter ces grands ensembles de données, et aux disciplines psychosociales qui se sont emparées de cette expertise. Au-delà des bénéfices clairs pour le bien-être des enfants, ces connaissances ont aussi renforcé l’attention dédiée à leur développement et intensifié les observations à leurs égards, autant par les familles, l’école, les médecins et les experts psychosociaux. Les besoins physiques, psychologiques et cognitifs des enfants sont constamment scrutés, et leur déviance à une normalité statistique est désormais perçue comme alarmante. Parallèlement, le développement de leur plein potentiel est devenu l’objectif à atteindre alors que la prévention se fait prédictive pour contrer toute conséquence nuisible qui pourrait potentiellement survenir.

Dans ce contexte, tout un vocabulaire s’est développé autour des enfants dits « à risque », « en difficulté », « vulnérables », « avec un trouble ou un déficit ». Mais à trop regarder les enfants, surtout leur développement et leur cerveau, peut-on aussi contribuer à des effets délétères? Des indices montrent que les regards sur l’enfance sont de plus en plus déterministes, que les frontières entre difficultés et troubles s’amincissent, que davantage de comportements, d’attitudes et d’expériences deviennent médicalisés avec toutes les conséquences que cela peut apporter tant pour les enfants eux-mêmes que pour les familles et la société dans son ensemble.

Nous suggérons donc de réfléchir de manière critique au regard dominant que la société actuelle pose sur les enfants, et ce, à partir d’une diversité de points de vue et de situations. Il nous semble aussi nécessaire d’aborder la médicalisation et les processus qui s’y rattachent afin de pouvoir documenter le problème pour éventuellement proposer des pistes de solution.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 10 mai 2022

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :