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Wided Bouaine : ISCAE, université de la manouba
Récemment, la rémunération des dirigeants a attiré l'attention des investisseurs et des organismes de réglementation du marché mondial. Deux raisons expliquent cette attention. Premièrement, il existe une croissance injustifiable de la rémunération des dirigeants à travers le monde. Deuxièmement, il a été remarqué que la relation entre la rémunération des dirigeants et la performance est devenue faible voire même rompue. A son tour, la relation entre les bonnes pratiques de gouvernance et la rémunération des dirigeants peut être interprétée selon deux perspectives principales de la théorie de l'agence : la théorie des contrats optimaux et l'hypothèse du pouvoir managérial. Les problèmes d’agence sont alors surpassés en établissant des contrats de compensation indexés sur la performance. De leur côté, les codes de gouvernance à travers le monde recommandent d’une part l’instauration de plusieurs comités dont le comité de compensation. D’autre part, ils recommandent que le conseil d’administration à travers ses comités soit diversifié. En effet, les études antérieures qui ont examiné la relation entre la diversité des conseils d'administration en genre, la performance des entreprises et la rémunération des dirigeants ont été menées principalement dans des pays développés et sous développés. Ces études ont recommandé l’instauration d’un comité de compensation indépendant et contenant parmi ses membres au moins une femme.
La rémunération des dirigeants soulève des débats depuis plus de 20 ans dans plusieurs domaines d’études, tels que la finance, les relations industrielles et l’économie (Tasawar et Nazir, 2019; Waldkirch, 2020; Cavaco et al., 2020). Selon l’Internal Revenue Service Statistics of Income (2020), la rémunération des dirigeants à travers le monde ne cesse d’augmenter. À titre d’exemple, selon le rapport de l’Economic Policy Institute (2020), la rémunération des dirigeants d’entreprises américaines a explosé de 1 167 % de 1978 à 2019, comparativement à celle d’un travailleur type qui n’a augmenté que de 13,7 % durant la même période. Les déboires économiques entourant la rémunération des dirigeants d’entreprise depuis la crise financière de 2008 et jusqu’à récemment n’ont cessé de remettre en question sa pertinence en tant que mécanisme de gouvernance d’entreprise axé sur la maximisation de la valeur actionnariale.
Découlant des comportements opportunistes et non éthiques de la part des dirigeants d’entreprises, ces scandales ont ébranlé la confiance des parties prenantes internes et externes (Jacoby, 2020). Dans ce contexte, les dirigeants sont, de plus en plus, scrutés à la loupe et subissent de fortes pressions, notamment de la part des propriétaires d’entreprises, des investisseurs institutionnels et des syndicats (Jacoby, 2020). L’objet de ce colloque est de s’interroger sur les liens entre la rémunération des dirigeants, la structure de propriété et la gouvernance des entreprises. Les communications qui seront présentées lors de ce colloque chercheront à répondre aux questions suivantes : dans quelle mesure le type de contrôle et de propriété de l’entreprise influence-t-il le montant de la rémunération des dirigeants et leurs comportements? Quelles interactions existe-t-il entre les formes incitatives de la rémunération des dirigeants et le mode de gouvernance des entreprises? Quel rôle peut jouer l’acteur syndical dans la politique de rémunération des dirigeants mise en place et comment influence-t-il directement ou indirectement leurs comportements?
Titre du colloque :