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Juste Rajaonson : UQAM - Université du Québec à Montréal
Les municipalités n’ont pas toutes le même potentiel en matière d’économie circulaire. Elles ont non seulement des caractéristiques différentes (ex. taille, localisation, fonctions dominantes), mais les flux de ressources et de matières sur leur territoire varient en quantité, en accessibilité et en nature. Ainsi, certaines villes seraient, par exemple, plus économiquement propices à des initiatives axées sur le partage de biens, de services ou de compétences et d’autres, à la création de symbioses industrielles faisant des résidus des uns, les ressources des autres. Dans cette présentation, nous exposons une analyse de la littérature internationale sur les villes ayant intégré les principes de l’économie circulaire dans leur démarche de développement (aussi appelée « villes circulaires ») avec pour objectif de dégager des hypothèses liant certaines caractéristiques urbaines à des initiatives particulières d’économie circulaire. Les travaux antérieurs de Petit-Boix et Leipold (2018) ainsi que de Vanhuyse et al. (2021) serviront de point de départ. De cet exposé découlera des apprentissages pour le Québec quant aux opportunités et aux défis des municipalités diverses pour faciliter le déploiement de l’économie circulaire.
L’économie circulaire fait de plus en plus consensus sur le plan international comme système de production et de consommation capable, du moins en théorie, de rallier les impératifs économiques, environnementaux et sociaux et de contribuer massivement à la rencontre des objectifs globaux de réduction des GES, de même qu’à certains objectifs de développement durable du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE). Porté par les grandes instances internationales (PNUE, OCDE, Fonds pour l’environnement mondial, Institut des ressources mondiales, Organisation internationale du travail, etc.), ce modèle économique n’a toutefois, jusqu’à présent, jamais été déployé à grande échelle. Ainsi, alors que le taux de circularité de l’économie mondiale ne serait que de l’ordre de 8,6 % sur les 100 milliards de tonnes de matières qui alimentent annuellement l’économie, des scientifiques soutiennent que doubler ce taux permettrait d’atteindre les objectifs de l’Accord de Paris. Au Québec, la situation est encore plus dramatique, car le taux de circularité, dévoilé par un rapport rendu public au printemps 2021 par RECYC-QUÉBEC, ne serait que de 3,5 %, soit moins de la moitié du taux de circularité mondial. Les Québécois seraient donc parmi les champions du gaspillage, avec une consommation moyenne de ressources par habitant de l’ordre de 32 tonnes par an, comparativement à la moyenne mondiale qui se situerait aux alentours de 12 tonnes. La surconsommation de ressources entraîne son lot d’impacts environnementaux (émissions de GES, pollution en tout genre, perte de biodiversité, destruction des écosystèmes, etc.), mais également sociaux (impacts sur la santé, surendettement, inflation, etc.). La pertinence d’une transition vers l’économie circulaire ne fait aucun doute, mais les barrières à son accession sont nombreuses et nécessitent une approche systémique pour les lever en toute cohérence. Sur le plan de la recherche, de nouvelles approches collaboratives sont à élaborer et de nouvelles technologies et politiques publiques sont à développer. Sur le plan de la formation, de nouveaux cursus sont à concevoir.
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