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Vanessa Pastorini : Université Saint-Paul
Cette communication invite à réfléchir aux transits de corps et de genres des femmes indigènes brésiliennes, chargées de significations et de modes de vie qui leur sont propres, comme citoyennes d'une nation et comme membres d'un groupe ethnique. Face à une société coloniale territorialiste, nous souhaitons réfléchir à la re-signification de ces vies marginalisées insérées dans la sémiosphère de la culture brésilienne. Nous partons d'une prise de contrôle d'espaces auparavant interdits, en passant par le champ littéraire et la montée en puissance des personnalités dans les médias sociaux. De nouvelles significations des femmes indigènes sont construites, ce qui nous amène à remettre en question des valeurs qui relèvent du sens commun. L’intervention s’inscrit dans le cadre théorique de la sémiotique greimassienne, se tournant vers son développement actuel, à partir des réflexions proposées par les formes de vie de Fontanille et l’école russe de Lotman. On fait aussi une relation avec les études de genre et d’intersectionnalité pour penser une culture donnée face aux formes de vie jetées à la périphérie sociale – des sujets marginalisés qui transitent vers la position de sujets actifs.
Les études sémiotiques et l’anthropologie connaissent des recoupements disciplinaires évidents, qui ne sont toutefois pas toujours reconnus ou travaillés comme tels. Toutes deux constituent des champs disciplinaires très vastes, qui comprennent des sous-domaines d’étude relativement autonomes, dont l’objet est dans tous les cas multiforme. Si l’anthropologie étudie l’humain, les sociétés et les cultures humaines, elle multiplie pour ce faire ses focales, ses méthodes, ses approches et ses visées, se penchant tant sur le processus biologique d’hominisation et les vestiges archéologiques des sociétés passées que sur la dimension symbolique et les diverses pratiques inhérentes aux cultures et sous-cultures contemporaines. De leur côté, les études sémiotiques traitent des signes et des médiations au moyen desquels les êtres vivants communiquent, interprètent et organisent le monde symbolique et pratique dans lequel ils évoluent au quotidien. En restreignant l’objet de la sémiotique à la sphère d’influence de l’activité humaine, et en considérant l’activité signifiante comme base de toute interaction humaine, nous posons que signe et sens commun forment un seuil pour l’étude des pratiques et des cultures humaines. Mais encore faut-il montrer la pertinence d’établir un seuil aussi fondamental. Ce colloque invite les chercheurs·euses œuvrant en sémiotique, en anthropologie (ou disciplines connexes : ethnologie, linguistique, sociologie, arts et lettres, communication, etc.) à venir partager l’état de leurs recherches et travaux sur les signes humains. Nous intéressent : les pratiques sémiotiques ordinaires, politiques ou artistiques, et plus largement les systèmes de signes, de croyances et l’implication des axiologies sur les échanges et la circulation des biens symboliques dans l’espace public, au sein des groupes humains et des cultures, les méthodes d’enquête en vue d’étudier de tels phénomènes aussi bien que les excursions théoriques qui en découlent.
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