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Albertine Monney : Université Alassane Ouattara
Le secteur de l’enseignement supérieur étant majoritairement masculin, cette communication vise à analyser, en fonction du sexe, comment les personnes concilient leurs activités pour être performantes. Le déséquilibre observé entre les obligations professionnelles et les exigences familiales tend à s’intensifier, menaçant la performance des travailleurs. Pour ce faire, nous avons mené des entretiens semi-directifs avec des enseignants-chercheurs exerçant dans les universités et les grandes écoles publiques de Côte d’Ivoire. Les résultats de ces entretiens montrent que les femmes, principalement celles en couple (avec enfant ou non), concilient plus difficilement que les hommes leur vie privée et leur vie professionnelle. En effet, la vie privée interfère pour elles très souvent dans la vie professionnelle, parce qu’elles doivent d’abord s’acquitter des tâches domestiques avant de boucler un travail déjà entamé. Ainsi, elles sont obligées de travailler tout le temps et se reposent très peu, contrairement aux hommes. Cependant, chez certains hommes, la vie professionnelle interfère dans la vie privée. De ce fait, ils consacrent plus de temps à la vie professionnelle qu’à la vie privée et cela influence leur vie de couple et l’éducation de leurs enfants. Ce qui conduit certains enseignants-chercheurs à un second mariage ou à une famille disloquée.
Problématique
Si l’on considère que les savoirs circulent davantage à notre siècle qu’aux précédents, il convient néanmoins de (se) poser la question de leur démocratisation. En effet, une meilleure accessibilité aux savoirs implique-t-elle leur démocratisation? C’est tout l’enjeu de ce colloque.
On interrogera dans ce colloque les savoirs au pluriel, c’est-à-dire tant les savoirs scolaires, officiels (universités, instituts de recherche, etc.), que les savoirs endogènes. Par savoirs endogènes, on inclut les savoirs considérés ou vécus comme traditionnels. Dans cet ordre d’idées, on envisage les rapports entre les savoirs. Mais qui décide de leur visibilité et de leur transmission à grande échelle? Une indéniable concurrence idéologique existe entre des savoirs propres, c’est-à-dire à soi, et des savoirs majoritaires, souvent impropres, non pertinents, parce qu’imposés, trop généralisés (Deleuze et Guattari, 1980 et 1991). C’est également ce que montre le théoricien du contrôle culturel, l’anthropologue mexicain Guillermo Bonfil Batalla (1991), en proposant une catégorisation qui définit les éléments culturels selon que les décisions sont propres ou extérieures. Dans certains de ces cas, il y a résistance à l’absorption d’une culture par une autre.
On peut légitimement s’interroger sur ces conflits entre les savoirs : comment faire pour que la démocratisation n’empêche pas certains savoirs d’être reconnus à leur juste valeur? Nous constatons pourtant que certains éléments culturels de sociétés données peuvent devenir des postulats universalisables (pharmacopées autochtones d’Amazonie, cas des savoirs féminins sur la pêche en Afrique de l’Ouest, etc.), mais sont cependant discrédités et/ou poussés vers l’invisibilité.
Si l’on accepte, avec certains philosophes, que des populations de cultures endogènes et/ou autochtones sont à même de créer des concepts nouveaux, de sens différents, on ne peut nier leur capacité à produire des néologismes ou des sens re-signifiés. C’est donc une question de catégorisation sociale ou raciale, y compris en ce qui concerne l’inégalité entre les sexes. Car la « valence différentielle des sexes » (Héritier, 1996) est en passe de devenir, non sans mal, un objet de recherche légitime avec l’acceptation progressive de l’axiome selon lequel « la question de l’inégalité des sexes est éminemment politique. Ce modèle inégal est la matrice de tous les autres régimes d’inégalité » (Héritier), comme le montre son corollaire, la notion de « sexage » (Guillaumin, 1992).
Le fond de la question serait donc ici la position de subalternité imposée par les dominants dans la dynamique de coexistence des savoirs. Les dominé‑e‑s ont leur propre mode de certification et de validation des savoirs. Après James C. Scott (1990), il est reconnu que les subalternes développent une politique souterraine et résistent, de façon plus ou moins dissimulée, aux discours et aux pouvoirs dominants. Ils et elles imaginent un ordre social différent.
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