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Signe de changement ou l’art d’effectuer des retournements doxiques. Les cas de Yinka Shonibare et de Kehinde Wiley

LB

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Lynn Bannon : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

À travers une brève analyse croisée des œuvres de l’anglo-nigérien Yinka Shonibare et de l’américain Kehinde Wiley menée à l’aune de la sémiotique des cultures, nous découvrirons que ces dernières transgressent et renversent les doxas en (ré)intégrant dans l’Histoire de l’art la présence de la communauté noire longuement écartée de la mémoire historique. En prenant comme point de départ leur intérêt commun pour les interactions sociales et les échos de celles-ci sur les objets d’art, nous verrons que les deux créateurs méditent sur l’expérience anthropique, sur la notion de pouvoir et sur l’hybridité culturelle. En effet, Shonibare ramène à l’intelligibilité les systèmes tumultueux des rapports de domination impérialiste pour tenter de démystifier les poncifs culturels et déconstruire les concepts d’authenticité qu’il interroge de manière critique par l’emploi du batik, une matière textile revendiquée comme signe identitaire par les Africains durant la période de décolonisation du continent. Pour sa part, Wiley métisse les schèmes traditionnels de représentation véhiculés dans l’art occidental à des personnages afro-américains assimilés à la culture hip hop pour rendre caduque l’univers des références artistiques conventionnelles et, dans le même temps, opérer un retournement ironique de la hiérarchie instituée du High art et du Low art. En somme, nous souhaitons mettre en exergue les mouvances culturelles qui s’opèrent au sein d’une sémiosphère.

Résumé du colloque

Les études sémiotiques et l’anthropologie connaissent des recoupements disciplinaires évidents, qui ne sont toutefois pas toujours reconnus ou travaillés comme tels. Toutes deux constituent des champs disciplinaires très vastes, qui comprennent des sous-domaines d’étude relativement autonomes, dont l’objet est dans tous les cas multiforme. Si l’anthropologie étudie l’humain, les sociétés et les cultures humaines, elle multiplie pour ce faire ses focales, ses méthodes, ses approches et ses visées, se penchant tant sur le processus biologique d’hominisation et les vestiges archéologiques des sociétés passées que sur la dimension symbolique et les diverses pratiques inhérentes aux cultures et sous-cultures contemporaines. De leur côté, les études sémiotiques traitent des signes et des médiations au moyen desquels les êtres vivants communiquent, interprètent et organisent le monde symbolique et pratique dans lequel ils évoluent au quotidien. En restreignant l’objet de la sémiotique à la sphère d’influence de l’activité humaine, et en considérant l’activité signifiante comme base de toute interaction humaine, nous posons que signe et sens commun forment un seuil pour l’étude des pratiques et des cultures humaines. Mais encore faut-il montrer la pertinence d’établir un seuil aussi fondamental. Ce colloque invite les chercheurs·euses œuvrant en sémiotique, en anthropologie (ou disciplines connexes : ethnologie, linguistique, sociologie, arts et lettres, communication, etc.) à venir partager l’état de leurs recherches et travaux sur les signes humains. Nous intéressent : les pratiques sémiotiques ordinaires, politiques ou artistiques, et plus largement les systèmes de signes, de croyances et l’implication des axiologies sur les échanges et la circulation des biens symboliques dans l’espace public, au sein des groupes humains et des cultures, les méthodes d’enquête en vue d’étudier de tels phénomènes aussi bien que les excursions théoriques qui en découlent.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
manager icon Responsables :
Simon Levesque
section icon Date : 10 mai 2022

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