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Florian Fort : L'Institut Agro Montpellier
L’écologie fonctionnelle est de plus en plus mobilisée dans le cadre d’initiatives de recherche et de développement pour la conception de systèmes agricoles durables et résilients. Cependant, les bases théoriques de cette discipline et les contraintes qu’elles engendrent sont souvent oubliées dans ces processus. Depuis ses origines, l’écologie fonctionnelle s’intéresse aux relations entre les valeurs de traits des organismes et leur adaptation aux contraintes biotiques et abiotiques de leurs habitats. Cette approche permet de classer les espèces relativement les unes aux autres et ainsi de mieux comprendre les patrons de biodiversité à l’échelle de la communauté comme à des échelles globales. Les difficultés d’accès aux racines et de mesure des traits ont longtemps limité notre exploration du compartiment souterrain. Cependant, les développements technologiques et les efforts de recherche ont permis de constituer de larges bases de données de traits dont l’utilisation a fait émerger des axes majeurs de contraintes, l’un relié à la stratégie d’exploration du sol et l’autre relié l’économie des ressources dans la plante. Si ces axes et les traits qui les composent expliquent l’adaptation des plantes aux contraintes environnementales à de larges échelles, le défi de la recherche actuelle est d’évaluer si ces relations se retrouvent parmi les espèces d’intérêt agronomique et permettent la conception d’agrosystèmes mieux adaptés à des environnements contraints et changeants.
La résilience est la capacité que possède un écosystème, agricole ou forestier par exemple, à revenir à un état d’équilibre et à reprendre ses fonctions après une perturbation (p. ex., sécheresse, infestation par un ravageur). Avec les changements climatiques, une augmentation du nombre et de l’ampleur des perturbations est à prévoir, d’où l’importance d’avoir des systèmes résilients. Les systèmes racinaires sont multifonctionnels : en plus de permettre aux végétaux de s’ancrer au sol, de se nourrir et de stocker des ressources, ils contribuent à structurer le sol, à l’enrichir en matière organique, à établir la communication entre le microbiome du sol et la plante au moyen des exsudats racinaires et à réguler le cycle de l’eau et des éléments nutritifs. L’ampleur du rôle des racines dans le fonctionnement et la résilience des agroécosystèmes est encore méconnue. L’identité et les valeurs des traits racinaires à favoriser ne font pas consensus, ni la façon de les améliorer, soit par l’entremise de la génétique ou de la gestion des cultures et des sols. Finalement, le domaine de l’agronomie pourrait bénéficier des recherches réalisées à cet égard dans des domaines connexes comme l’écologie et l’agroforesterie. Un meilleur dialogue entre chercheur-e-s de ces divers domaines et disciplines pourrait améliorer notre compréhension de l’effet des traits racinaires sur le fonctionnement et la résilience des agroécosystèmes, et des leviers dont on dispose pour rehausser cette résilience, dans l’optique de faire diminuer la vulnérabilité des agroécosystèmes face aux impacts des changements climatiques.
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