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Anxiété langagière et discrimination linguistique en contexte scolaire québécois : pistes d’intervention pour l’inclusion

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Roberta De Oliveira Soares : Université de Montréal

Résumé de la communication

Cette étude qualitative documente les expériences vécues par des jeunes québécois dont les parents sont nés en Amérique latine de l’école primaire jusqu’à l’université. Des entretiens de type récits de vie ont été réalisés avec 18 participants. Le cadre théorique prend en compte les frontières, les rapports de pouvoir ainsi que les concepts d’anxiété langagière et de discrimination linguistique. L’analyse révèle l’existence d’une frontière entre ceux qu’ils nomment les Québécois francophones et les autres. Pour eux, cette frontière axée sur une différence linguistique – souvent attribuée à leur accent – les amène à ressentir de l’anxiété langagière et de la discrimination linguistique. Ils relatent que le système éducatif ne prendrait pas suffisamment en compte leurs difficultés. La parole des jeunes permet de s’interroger sur le rôle des institutions éducatives dans la déconstruction des rapports de pouvoir liées aux questions linguistiques au Québec. Leur parole permet aussi de se questionner sur le rôle des institutions éducatives dans la mise en œuvre d’un savoir-être lié à l’inclusion et à la justice sociale à travers les pratiques didactiques, les modalités d’évaluation et le soutien aux élèves. Une piste serait de mettre en place des formations obligatoires au personnel scolaire afin de sensibiliser, conscientiser et favoriser l’agir institutionnel vis-à-vis des discriminations linguistiques dans les institutions éducatives au Québec.

Résumé du colloque

Les élèves qui composent les écoles du Québec se caractérisent par une pluralité de profils, de réalités et de parcours, notamment alimentés par la diversité des élèves issus de l’immigration (EII) (MELS, 2014). Pour mettre en place des conditions susceptibles de soutenir l’expérience socioscolaire des EII et de leurs familles, plusieurs écrits soulèvent la nécessité de s’appuyer sur la responsabilité collective des membres de la communauté éducative (ex. : directions, membres du personnel scolaire ou de la communauté, parents d’élèves) (Kanouté et al., 2011). Il paraît également nécessaire de s’attarder aux besoins des EII de façon systémique, c’est-à-dire en mobilisant tous les niveaux du système scolaire (ex. : ministère, centres de services scolaires (CSS), écoles, pratiques enseignantes) (Mc Andrew et al., 2015).

Depuis quelques années, des écrits scientifiques recourent au concept d’équité pour étudier l’expérience socioscolaire des EII (Borri-Anadon et al., 2021; Potvin et al., 2018), celui-ci étant vu comme un moyen permettant de prendre en compte les particularités des élèves et de leurs familles, de réduire les obstacles susceptibles de nuire à la réalisation du potentiel éducatif des EII et de tendre vers l’égalité pour tous et pour toutes (OFDE, 2014). Le concept est aussi sollicité dans des écrits gouvernementaux (CSE, 2016 et 2017; MEES, 2017) et dans de nombreux plans d’engagement vers la réussite de CSS (ex. : CSS Marie-Victorin).

Le présent colloque vise à stimuler des réflexions collectives entre des protagonistes de divers horizons, avec des pouvoirs d’agir et des postures variés sur les questions suivantes : comment les initiatives et les pratiques mises en place dans le milieu scolaire québécois contribuent-elles à l’équité et à l’inclusion des EII et de leurs familles? Comment pourrions-nous faire encore mieux? Comment favoriser une mobilisation collective autour des enjeux d’équité et d’inclusion qui concernent les EII et leurs familles?

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 11 mai 2022

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