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Rafael Otfinowski : The University of Winnipeg
Les prairies humides fournissent des services écosystémiques essentiels, notamment la séquestration du carbone, le recyclage des nutriments et la conservation de la biodiversité. Les racines des plantes sont essentielles pour fournir des services écosystémiques dans les sols, mais les compromis entre la croissance et le stockage des ressources dans les racines sont mal compris. Nous décrivons ici le spectre des caractéristiques des racines des plantes dans une prairie humide au Manitoba. Nous testons comment la diversité des plantes à la suite de pâturages affecte les traits et la structure racinaire de plantes dominantes.
Le pâturage intensif a diminué la diversité des plantes et augmenté l'abondance des plantes annuelles ce qui a entraîné une augmentation de la longueur spécifique des racines et une diminution de leur diamètre moyen. Par contre, les prairies modérément pâturées étaient caractérisées par une plus grande abondance de plantes vivaces aux racines plus denses et plus larges. Bien que nos résultats suivent les prédictions du spectre économique des racines, nous continuons à explorer comment la composition des racines dans les zones pâturées peut augmenter le cycle du carbone et des nutriments.
Avec les changements climatiques, les prairies sont de plus en plus valorisées. Notre recherche explore comment les racines des plantes peuvent affecter la fonction des sols et contribuer aux efforts de la gestion durable des prairies naturelles au Canada.
La résilience est la capacité que possède un écosystème, agricole ou forestier par exemple, à revenir à un état d’équilibre et à reprendre ses fonctions après une perturbation (p. ex., sécheresse, infestation par un ravageur). Avec les changements climatiques, une augmentation du nombre et de l’ampleur des perturbations est à prévoir, d’où l’importance d’avoir des systèmes résilients. Les systèmes racinaires sont multifonctionnels : en plus de permettre aux végétaux de s’ancrer au sol, de se nourrir et de stocker des ressources, ils contribuent à structurer le sol, à l’enrichir en matière organique, à établir la communication entre le microbiome du sol et la plante au moyen des exsudats racinaires et à réguler le cycle de l’eau et des éléments nutritifs. L’ampleur du rôle des racines dans le fonctionnement et la résilience des agroécosystèmes est encore méconnue. L’identité et les valeurs des traits racinaires à favoriser ne font pas consensus, ni la façon de les améliorer, soit par l’entremise de la génétique ou de la gestion des cultures et des sols. Finalement, le domaine de l’agronomie pourrait bénéficier des recherches réalisées à cet égard dans des domaines connexes comme l’écologie et l’agroforesterie. Un meilleur dialogue entre chercheur-e-s de ces divers domaines et disciplines pourrait améliorer notre compréhension de l’effet des traits racinaires sur le fonctionnement et la résilience des agroécosystèmes, et des leviers dont on dispose pour rehausser cette résilience, dans l’optique de faire diminuer la vulnérabilité des agroécosystèmes face aux impacts des changements climatiques.
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