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Peter Dietsch : University of Victoria
Selon une opinion largement répandue, les marchés sont très différents de la politique sur un point important. Cette dernière est considérée comme un domaine vulnérable à l'oppression et à la domination. Pour se prémunir contre ces menaces, l'idéal de l'égalité politique est inscrit dans la doctrine "une personne, un vote", et dans un certain nombre d'autres mesures d'efficacité variable, comme la protection de la politique contre les intérêts particuliers par la réglementation du financement des campagnes électorales. En revanche, les marchés sont présentés comme une institution qui soit préserve les inégalités antérieures au marché, soit, grâce à l'impact bénéfique de la concurrence, promeut réellement l'égalité. Cet article soutient que cette vision dichotomique est trompeuse, du moins en ce qui concerne le marché du travail. Le point de vue standard nous amène à penser que les résultats inégaux sur le marché du travail peuvent être corrigés par une redistribution sous forme d'impôts ou en promouvant l'égalité des chances et en garantissant ainsi que les individus entrent sur le marché du travail sur un pied d'égalité. En revanche, je suggère que même en cas d'égalité parfaite des chances, le marché du travail souffre d'inégalités dans le pouvoir de négociation qui génèrent des rentes économiques pour certains individus. Si cela est vrai, une réponse politique plus robuste, semblable à celle que nous utilisons dans le domaine de la politique, peut être justifiée.
Afin de faire écho au thème du 89e Congrès de l’Acfas, intitulé Sciences, innovations, sociétés, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir à la complexité et à la richesse des rapports (passés, présents et futurs) entre science, philosophie et société.
Érigées en champs de recherche autonomes, la philosophie et la science se sont développées de concert, nouant à chaque époque des rapports singuliers mais aussi changeants. Dans l’Antiquité, la philosophie s’institue en rupture avec l’opinion et coïncide avec la science en tant que quête de la vérité. À l’époque moderne, l’expression philosophie naturelle évoque encore l’idée selon laquelle la science et la philosophie relèvent d’une même entreprise intellectuelle.
Du tronc commun auquel elles appartenaient jusqu’alors, la physique, la chimie, la biologie et la psychologie s’autonomisent entre le 17e et le 19e siècle. Au 20e siècle, la phénoménologie et la philosophie analytique vont s’engager dans des voies qui opposeront frontalement science et philosophie. Néanmoins, dans le sillage du retour du naturalisme, les rapports entre la philosophie et les sciences empiriques seront une fois de plus appelés à se réinventer. Parfois envisagées comme étant « sur le même bateau », la science et la philosophie ont connu un nouveau rapprochement qui déboucha plus récemment sur l’idée d’une « philosophie expérimentale ».
Alors que la science est appelée à servir de fondement à la décision politique, réfléchir aux configurations qu’ont connues la science et la philosophie dans l’histoire de la pensée philosophique conduit à interroger de nouveau le rôle de la philosophie dans la science et dans la société plus largement. Comment et par quelles voies la philosophie peut-elle contribuer à la science? Inversement, qu’est-ce que la science peut amener à la philosophie, et comment décrire cet apport? Et comment ce dialogue pourrait-il enrichir la contribution de la philosophie aux grands débats de société?
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