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Stéphanie Lukasik : Université de Lorraine
La confiance est au fondement de la question de la légitimité à l’œuvre via les réseaux socionumériques. En partant du constat que les réseaux socionumériques sont un prolongement de la communication sociale s’interroger sur le fondement même de la confiance par le prisme de l’influence personnelle permet de comprendre le mécanisme qui mène à la confiance ou à la défiance. La particularité majeure des réseaux socionumériques est d’être fondés sur la persuasion, autrement dit l’influence personnelle. Les interactions qui s’opèrent sur ces plateformes relèvent du don/contre-don. Le partage équivaut à une action en attente de reconnaissance tels que les commentaires et les réactions qui correspondent à une nouvelle forme actualisée des gratifications. Cette reconnaissance de l’autre va mener à la confiance ou à la non-confiance. Afin de saisir les deux degrés de la communication socionumérique – que sont la confiance et la défiance qui mènent à la légitimité ou à la perte de légitimité - nous avons relié l’information (qui est diffusée par les médias) à la communication de l’information (des usagers-récepteurs). A partir de nos entretiens, nous avons pu constater que le regard des médias demeure autocentré et ne s’est pas encore déplacé vers les publics d’usagers-récepteurs. Ce qui a pour conséquence chez ces derniers un manque de confiance à l’égard des médias qui peut mener à la défiance.
L’adhésion d’un électeur, d’un citoyen, d’un consommateur à une politique, à un projet, à un produit est d’abord une question de légitimité. Ces derniers doivent reconnaître en l’auteur de l’entreprise de persuasion le droit à la parole, évaluer comme acceptable l’enjeu ou l’innovation proposés, et souscrire aux univers de croyances et au mode de raisonnement déployés. Constamment renégociée et débattue, cette légitimité est produite dans un contexte de crise de confiance tant envers les élites, les experts que les médias.
Ce colloque interroge ainsi les formes de légitimité émergeant dans ce contexte sous une triple perspective : 1) les acteurs; 2) les objets de débat; 3) les discours.
1. Le passage de l’ombre à une légitimité sociale n’est plus fondé sur la seule reconnaissance institutionnelle, mais prend appui sur de nouvelles sources d’autorité comme l’expérience et la proximité, en lien avec la connaissance intime d’une situation, d’un produit, ou la médiatisation, selon le capital acquis sur les scènes médiatique et numérique. Cette perspective s’intéresse à la construction de la légitimité des acteurs dans l’espace public.
2. En raison de ressources limitées, les promoteurs d’un projet ou d’un produit doivent non seulement défendre la légitimité de leur proposition par rapport à des concurrents, mais aussi contrer les parties prenantes qui la contestent. Dans la suite du point précédent, cette perspective explore les stratégies de légitimation des objets débattus.
3. À la faveur de la multiplication des lieux de débat, les régimes institutionnels de rationalité – logique et scientifique – sont de plus en plus contestés par des régimes alternatifs, fondés sur les émotions, les croyances, les valeurs. Cette perspective aborde les rapports de concurrence pour la légitimation de façons de raisonner ou, à l’inverse, leur délégitimation.
Finalement, le colloque propose de réfléchir sur les enjeux éthiques et de régulation soulevés par ces formes de légitimité.
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