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Création d’une nouvelle université: la perspective des fondateurs

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François-René Lord : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières

Résumé de la communication

Dans cette communication, nous explorons le phénomène inusité de la création d’une nouvelle université au Canada : l’Université de l’Ontario français (UOF). Nous considérons l’université comme une institution éducative, et donc sociale, constituée de multiples composantes coexistant dans un système complexe. En mettant en place les composantes de cette nouvelle université (enseignement, recherche, gouvernance, financement), les fondateurs de l'UOF ont dû composer avec les tensions inhérentes à la réalité universitaire (historique, politique, économique, administrative, académique et sociale). La création de l’UOF s’est également faite en analysant les universités existantes (leurs forces et leurs limites) et en tentant de voir ce qui pourrait être fait autrement. Nous nous intéressons à l’expérience vécue par les fondateurs de l’Université de l’Ontario français. Pour répondre aux visées de notre étude, nous avons analysé 21 entretiens qualitatifs animés avec des membres du Comité de planification pour une université de langue française et du Conseil de gouvernance ainsi que des employés et des collaborateurs de l’UOF ayant œuvré à sa création entre 2016 et 2020.

Analyser ce phénomène inusité et peu étudié nous permet de mieux comprendre comment nait et se développe une institution d’enseignement supérieur au sein d’une communauté et de mettre en lumière les enjeux structurels et conjoncturels inhérents à la création d’une université au Canada.

Résumé du colloque

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la plupart des pays sont entrés dans ce que certains appellent la « société du savoir » (Bernatchez, 2014; UNESCO, 2005). L’enseignement supérieur (ES) est un pilier des sociétés du savoir, en ce sens qu’il est dépositaire des connaissances accumulées par l’humanité et assure une formation (tout au long de la vie) permettant aux citoyens de fonctionner dans leur société tout en produisant de nouvelles connaissances sur des enjeux complexes (comme la génétique, l’insécurité alimentaire, l’intelligence artificielle, la robotique avancée). L’ES contribue également à la réputation des États où les découvertes ont été produites (Hazelkorn, 2013; Marginson, 2016; UNESCO, 2005).

Au cœur de la société du savoir, l’ES représente des investissements mondiaux de 1 900 milliards de dollars (Kim, 2017); au Canada, les revenus totaux des établissements d’ES dépassent les 38,7 milliards (Statistique Canada, 2020). Ces investissements servent à soutenir les missions de l’ES, qui contribuent directement à la société du savoir par ses activités : enseignement et apprentissage; recherche et innovation; service aux collectivités (Kerr, 1963). Or, malgré la multiplication des rapports et des avis du Conseil supérieur de l’éducation, des rapports et des analyses faits pour le gouvernement (Bissonnette et Porter, 2013; Corbo, 2013, 2017) et des recommandations découlant du chantier sur l’université du futur (Quirion, Bergeron, Corbo et al., 2021), notre connaissance des conditions dans lesquelles s’accomplissent ces missions demeure limitée.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 11 mai 2022

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