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Crise écologique, inégalités et risques existentiels : actions publiques et actions collectives dans une gouvernance polycentrique

SA

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Sharam Alijani : NEOMA Business School

Résumé de la communication

Cette communication a pour objet d’examiner le rôle de l’État, des organisations et des institutions pour lutter contre les inégalités à la lumière des principes de gouvernance polycentrique des ressources naturelles énoncés par E. Ostrom. Notre recherche s’intéresse plus particulièrement, à l’impact des actions publiques et des choix collectifs dans le contexte d’urgence écologique et climatique. L’accent est mis sur les causalités circulaires entre les diverses formes d’inégalité, celles qui émanent des facteurs sociaux et spatiaux, et la dégradation des conditions de vie des citoyens, des ressources et de l’environnement. Or les actions et les initiatives contre les inégalités dépendent du cadre institutionnel, des choix collectifs des acteurs et du degré d’implication des puissances publiques dans la recherche d’un équilibre entre les objectifs économiques, sociaux et environnementaux. Comment assurer la croissance et le développement économique sans oublier les objectifs de développement durable ? Nous tentons ainsi de mettre en exergue le rôle de l’État et ses institutions dans la mise en œuvre d’un modèle de gouvernance polycentrique, responsable et démocratique pour sauvegarder la planète face aux risques existentiels pour l’humanité et pour une plus grande justice sociale.

Résumé du colloque

Notre prémisse commence avec les inégalités : la santé de la planète pour la vie humaine est dépendante de notre capacité à les réduire. Même si, en 2022, il n’est pas très original de les dénoncer, on les voit maintenant sur toutes les tribunes, dans tous les médias, dans les rapports gouvernementaux, dans ceux des organisations internationales, dans les articles scientifiques, dans les livres. Pourtant, on constate que les inégalités demeurent. Une action visant à réduire les inégalités doit être concertée, systémique, sur plusieurs niveaux en même temps, et même en dehors du système, comme en témoigne par exemple le cas des paradis fiscaux (Denault, 2016). Ceux-ci augmentent les inégalités et exacerbent les tensions dans le système.

Les liens entre inégalités et problèmes environnementaux sont bien établis : l’écart croissant entre les riches et les pauvres entraîne des conséquences environnementales de plus en plus négatives (Boyce, 2018; Hamann et al., 2018; Islam, 2015). Les inégalités plongent toutes les sociétés dans des crises interreliées : environnementale, climatique, énergétique, agricole, économique, sociale, de santé publique. Elles procèdent d’un système économique prédateur dont la raison d’être est l’accumulation du capital par la dépossession du travail des plus vulnérables et la simplification des écosystèmes et des relations sociales pour les transformer en ressources marchandes. Et les manifestations des inégalités qui en résultent sont visibles à tous les niveaux de l’organisation socioéconomique et politique. Ce système a été édifié au gré de luttes de pouvoir qui ont permis à certains intérêts et conceptions du monde de s’imposer. Il pourrait en être autrement.

On sait aussi maintenant que les sociétés plus égalitaires sont plus heureuses, vivent mieux, en meilleure santé (Wilkinson et Pickett, 2009) et ont une meilleure relation à la nature et à leur environnement (Bookchin, 1990). Toutefois, peu de travaux se sont penchés sur la question des transformations systémiques nécessaires pour réduire les inégalités, malgré la reconnaissance de leur importance (Folke et al., 2021). Une réduction draconienne et rapide des inégalités à tous les niveaux constitue notre seule option pour affronter avec succès les énormes défis du 21e siècle, y compris l’urgence climatique (Klein, 2014). Telle est l’hypothèse et la ligne directrice qui guide notre démarche.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 11 mai 2022

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