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Justine Laoué : Aix-Marseille Université
Les changements climatiques en région méditerranéenne comprennent des épisodes de sécheresses de plus en plus longs et récurrents, marqués par une diminution des précipitations annuelles d’environ 30% à la fin du XXIème siècle. Afin d’évaluer la capacité d’une forêt de chênes pubescents (Quercus pubescens) à résister à la sécheresse, un site expérimental a été mis en place en 2012. Il permet, par un système dynamique d’exclusion des pluies, d’étudier sous sécheresse aggravée (parcelle d’exclusion) et sécheresse naturelle (parcelle contrôle) un large ensemble de traits écophysiologiques et métaboliques, notamment au niveau de la canopée.
Nos résultats ont démontré que sous stress hydrique aggravé, les arbres présentent un ralentissement physiologique (i.e. photosynthèse nette et conductance stomatique). Ils indiquent également que Q. pubescens, après 8 ans de stress hydrique aggravé, pourrait être capable de faire face à la sécheresse en mettant en place des défenses morphologiques telles que la réduction de la densité stomatique. Quant aux défenses métaboliques, les métabolismes primaire et secondaire semblent être affectés par la sécheresse aggravée avec une plus grande production de métabolites primaires chez les arbres sous stress hydrique aggravé, suggérant un maintien des processus de croissance. A l’inverse, le métabolisme secondaire est ralenti chez les arbres sous stress hydrique aggravé.
Considérant l’intensité et la rapidité sans précédent des changements climatiques, la santé des forêts est plus que jamais menacée, et plus particulièrement en l’absence de mesures de gestion efficaces et rapidement mises en place. En tant que réservoirs de biodiversité, sources de bienfaits culturels et environnementaux, milieux naturels de stockage de carbone et de production de bois, les forêts jouent un rôle majeur dans la lutte contre les changements climatiques. Afin de répondre aux objectifs de transitions écologiques, énergétiques et économiques de nos sociétés, une réflexion d’ampleur doit être menée autour de la gestion des forêts, en vue d’établir un consensus entre chercheurs, utilisateurs du milieu forestier et société. Il s’agit plus précisément de déterminer : 1) quelle place ont et devraient avoir les forêts dans l’économie et l’innovation de nos sociétés; 2) comment concilier une gestion forestière durable tout en répondant aux attentes rattachées aux valeurs culturelles et sentimentales, et la protection des forêts; et enfin 3) comment le développement et la gestion durables des forêts permettront de préserver les écosystèmes forestiers tout en dynamisant la filière bois.
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