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Des grandes machines du bonheur et de ses adresses de détail : une présentation du Discours sur le bonheur d’Émilie du Châtelet

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Francesca Francoeur : Université Laval

Résumé de la communication

Selon Robert Mauzi (1979), un seul des traités consacrés à la question du bonheur au XVIIIe siècle reste émouvant et mérite d’être lu de nos jours : le Discours sur le bonheur (1744-1746) d’Émilie du Châtelet (1706-1749). Ce traité, en partie autobiographique, résolument épicurien, quoiqu’ayant des relents stoïciens, dresse une liste de maximes favorisant l’atteinte du bonheur. Nonobstant certains éléments portant la marque de son siècle (l’importance des goûts et des passions ainsi que de l’absence de préjugés) et s’inspirant de la tradition (l’accent placé sur la santé et la vertu), le Discours sur le bonheur demeure original par sa préconisation de l’illusion comme condition essentielle pour être heureux, et ce, tout particulièrement en amour. Cette communication se propose d’analyser et de commenter le Discours sur le bonheur de du Châtelet. Il s’agira d’abord de restituer le contexte, les fondements et les enjeux qui sous-tendent ce texte. Ensuite, les différentes thèses et maximes proposées par du Châtelet seront présentées. Enfin, certaines limites et paradoxes qui jaillissent du discours seront abordés, notamment le rôle inconstant de la raison dans la quête de la félicité et la présence d’une conception antinomique du bonheur reposant, d’une part, sur le repos de l’âme et, d’autre part, sur l’exaltation de l’âme.

Résumé du colloque

Afin de faire écho au thème du 89e Congrès de l’Acfas, intitulé Sciences, innovations, sociétés, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir à la complexité et à la richesse des rapports (passés, présents et futurs) entre science, philosophie et société.

Érigées en champs de recherche autonomes, la philosophie et la science se sont développées de concert, nouant à chaque époque des rapports singuliers mais aussi changeants. Dans l’Antiquité, la philosophie s’institue en rupture avec l’opinion et coïncide avec la science en tant que quête de la vérité. À l’époque moderne, l’expression philosophie naturelle évoque encore l’idée selon laquelle la science et la philosophie relèvent d’une même entreprise intellectuelle.

Du tronc commun auquel elles appartenaient jusqu’alors, la physique, la chimie, la biologie et la psychologie s’autonomisent entre le 17e et le 19e siècle. Au 20e siècle, la phénoménologie et la philosophie analytique vont s’engager dans des voies qui opposeront frontalement science et philosophie. Néanmoins, dans le sillage du retour du naturalisme, les rapports entre la philosophie et les sciences empiriques seront une fois de plus appelés à se réinventer. Parfois envisagées comme étant « sur le même bateau », la science et la philosophie ont connu un nouveau rapprochement qui déboucha plus récemment sur l’idée d’une « philosophie expérimentale ».

Alors que la science est appelée à servir de fondement à la décision politique, réfléchir aux configurations qu’ont connues la science et la philosophie dans l’histoire de la pensée philosophique conduit à interroger de nouveau le rôle de la philosophie dans la science et dans la société plus largement. Comment et par quelles voies la philosophie peut-elle contribuer à la science? Inversement, qu’est-ce que la science peut amener à la philosophie, et comment décrire cet apport? Et comment ce dialogue pourrait-il enrichir la contribution de la philosophie aux grands débats de société?

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
news icon Thème du colloque :
Science, philosophie, société
section icon Date : 11 mai 2022

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Titre du colloque :

Science, philosophie, société

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Thème du colloque :

Science, philosophie, société