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Ariane Faucher-Dumouchel : UQO - Université du Québec en Outaouais
Il existe au Québec un débat concernant les pratiques éducatives à privilégier en petite enfance. Même s’il y a une tendance à favoriser des interventions cohérentes avec une approche centrée sur le développement global dans les discours (gouvernemental, scientifique et public), il semble que les pratiques scolarisantes demeurent présentes (AÉPQ, 2020; Lévesque & Doyon, 2017; Rondeau, 2021). L’éducation par la nature (ÉPN) est une alternative intéressante aux pratiques scolarisantes qui s’inscrit dans le courant de l’approche développementale (AQCPE, 2021). L’objectif de cette présentation est de mettre en lumière le travail quotidien des intervenantes en petite enfance qui tentent d’implanter l’ÉPN. Une méthode de recherche inspirée de l’ethnographie institutionnelle a permis de rencontrer 11 intervenantes (éducatrices, enseignantes et facilitatrices) lors d’entretiens individuels et d’un groupe de discussion. L’analyse thématique a rendu visible le travail et les efforts supplémentaires qu’elles doivent déployer au quotidien pour implanter cette approche. Les résultats présentent les rôles à jouer en tant qu’intervenante qui implante l’ÉPN, la proposition/l’aménagement d’environnements éducatifs de qualité à l’extérieur, l’incarnation devaleurs clés en ÉPN et les communications avec les parents (éducation et confiance). Pour conclure, les différents « textes » identifiés par les intervenantes comme facilitant ou freinant l’implantation de l’ÉPN seront présentés.
Si l’idée que le contact avec la nature puisse être profitable pour l’apprentissage et le développement des jeunes est partagée par des intervenants du réseau scolaire depuis très longtemps, c’est surtout au cours des dernières années que des travaux de recherche ont commencé à faire apparaître certaines retombées (Kuo et al., 2019). Pensons aux effets du contact direct avec la nature sur des variables influant sur l’apprentissage (Kuo et al., 2019) comme l’augmentation de l’attention (Dadvand et al., 2015), une meilleure autodiscipline (Li et Sullivan, 2016), une motivation et un engagement accrus (Becker et al., 2017). Un second constat concerne la richesse des milieux à l’extérieur comme contextes concrets pour appliquer les apprentissages dans différentes disciplines scolaires (Ayotte-Beaudet et al., 2017) ou comme lieu d’émergence de conceptions initiales (Maynard, Waters et Clement, 2013). De plus, des travaux dans le domaine de l’activité physique semblent indiquer que ce contexte favorise l’adoption d’un mode de vie physiquement actif chez les élèves (Mygind, 2016), également favorable à l’apprentissage.
Dans le contexte de la pandémie de COVID-19, une équipe financée par le ministère de l’Éducation a documenté les pratiques enseignantes à l’extérieur en contexte scolaire au Québec. Ce colloque sera l’occasion de présenter les résultats d’une programmation de recherche ayant eu deux objectifs principaux : 1) caractériser les pratiques d’éducation en plein air chez les personnes enseignantes au primaire au Québec avant et après le confinement attribuable à la COVID-19; et 2) décrire des pratiques enseignantes à l’extérieur en contexte préscolaire au regard du développement de l’enfant. Les résultats présentés traiteront de pratiques dans les domaines du préscolaire, du primaire (arts, éducation physique et à la santé, français, mathématiques, sciences et technologies ainsi qu’univers social) et du secondaire (éducation physique et à la santé et sciences et technologies).
Titre du colloque :