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Enjeux autochtones lors des processus coercitifs en santé mentale : recension systématique des écrits et l’exemple du Nunavik

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Mélyna Désy Bédard : UQO - Université du Québec en Outaouais

Résumé de la communication

L’application des mesures coercitives en santé mentale implique plusieurs enjeux médicolégaux. En contexte autochtone, comme ailleurs, ces interventions font partie prenante du travail infirmier. Au Nunavik, plusieurs enjeux systémiques, contribuent à la difficulté de la mise en œuvre des droits humains, ainsi qu’à perpétuer certaines logiques colonisatrices. L’objectif général de cette recension est de synthétiser les écrits s’intéressants aux enjeux autochtones lors d’épisodes coercitifs. Elle sera ensuite appuyée par l’exemple des évacuations aéroportées au Nunavik. Une recension systématique des écrits scientifiques qualitatifs et quantitatifs publiés entre 2011 et 2021 a été réalisée et furent analysés. L’analyse des études retenues fait état d’enjeux spécifiques aux premières nations. Notamment, l’expérience des mesures coercitives comme la continuité des rapports de forces avec les représentants de l’état. La surreprésentation des premières nations dans les statistiques liées aux isolements. Le double impact de l’isolement physique inhérent aux mesures coercitives et l’isolement culturel lié au fait de se retrouver dans un lieu non-familier. Il s’agit de la première recension systématique sur cette question. La majorité des articles consultés proviennent d’études Australienne et Néo-Zélandaise. Des efforts de recherches, en contexte canadien sont nécessaires.

Résumé du colloque

Les récentes orientations de l’Organisation mondiale de la santé (2021) font état de violations persistantes des droits humains en santé mentale, s’exprimant par le maintien du recours à la coercition comme traitement et de difficultés d’accès aux services offerts en communauté. Le recours à la coercition, fortement enchevêtré à la culture d’intervention psychiatrique, tend également à s’étendre au champ social. L’utilisation grandissante de procédures médico-légales autorisant l’hospitalisation et le traitement involontaires (Lebenbaum et al., 2018; Sashidharan, Mezzina et Puras, 2019), tout comme le recours aux tribunaux spécialisés en santé mentale, constitue les exemples contemporains les plus évidents d’une tendance lourde à la judiciarisation des pratiques d’intervention.

Une logique implacable d’exceptionnalisme expose les limites du droit sur le traitement réservé aux personnes vivant avec un problème de santé mentale. Cette logique est décrite comme une situation où « la psychiatrie revendique un statut spécial par rapport aux autres disciplines médicales […] et […] cumulativement, ces tentatives d’être ou de paraître exceptionnel ont pour effet involontaire de renforcer l’image des psychiatres et de leurs patients comme des figures d’exception » (Kontos, Freudenreich et Querques, 2018). Cette logique d’exception se caractérise par un ensemble diversifié de pratiques de contrôle social attribuant aux intervenants médico-sociaux un important pouvoir discrétionnaire. Elle cible les populations marginales et « procède à un ciblage des segments de la société considérés comme à risque, un quadrillage disciplinaire dense et une surveillance de tous les instants » (Berthelet, 2015).

Ce colloque proposera d’analyser cette problématique selon une perspective interdisciplinaire et intersectorielle. Il fera appel à différents acteurs issus de domaines diversifiés, tels que le droit, la sociologie, l’intervention communautaire, le travail social ou les soins infirmiers. L’objectif poursuivi lors de cette journée sera de discuter des enjeux d’accès à la justice et de mise en œuvre des droits humains en santé mentale. Différentes stratégies susceptibles de soutenir une transformation durable des pratiques seront discutées. Les discussions et les réflexions proposées tiendront compte des enjeux systémiques et structurels contribuant aux difficultés de mise en œuvre des droits humains en santé mentale, des contextes d’intervention, de l’expérience des personnes concernées et des pratiques de soutien et d’accompagnement favorables à la reconnaissance de ces droits.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 11 mai 2022

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