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Virginie Hébert : INRS - Institut national de la recherche scientifique
Les langues constituent des véhicules de savoir et de culture. Pourtant, à l’échelle mondiale, l’anglais tend à s’imposer comme langue privilégiée de l’enseignement supérieur et de la recherche. Dans certains pays où l’anglais est largement utilisé, l’enjeu suscite également d’âpres débats, notamment en France, aux Pays-Bas, en Italie, en Finlande, ainsi qu’en Norvège et en Suède. Cette communication présente les résultats préliminaires d’une étude portant sur le cadrage des politiques linguistiques par les institutions d’enseignement supérieur au Québec. La recherche vise à comprendre quels sont les « points tournants » et les continuités dans la manière dont ces dernières cadrent l’enjeu de la langue d’enseignement depuis 1977. L’analyse combine l’approche théorique du cadrage (Entman, 2009) à l’approche néo-institutionnelle d’analyse des politiques linguistiques (Cardinal et Sonntag, 2015). La démarche méthodologique se déroule en trois phases: une enquête historique, une analyse qualitative du contenu des politiques linguistiques et documents promotionnels et une vingtaine d’entretiens avec des gestionnaires des institutions d’enseignement supérieur. En étudiant le terrain peu exploré du discours institutionnel linguistique québécois, la recherche comblera une lacune importante. Elle contribuera également à la réflexion internationale sur les moyens de préserver la diversité linguistique, tout en favorisant la participation de tous aux sociétés du savoir.
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la plupart des pays sont entrés dans ce que certains appellent la « société du savoir » (Bernatchez, 2014; UNESCO, 2005). L’enseignement supérieur (ES) est un pilier des sociétés du savoir, en ce sens qu’il est dépositaire des connaissances accumulées par l’humanité et assure une formation (tout au long de la vie) permettant aux citoyens de fonctionner dans leur société tout en produisant de nouvelles connaissances sur des enjeux complexes (comme la génétique, l’insécurité alimentaire, l’intelligence artificielle, la robotique avancée). L’ES contribue également à la réputation des États où les découvertes ont été produites (Hazelkorn, 2013; Marginson, 2016; UNESCO, 2005).
Au cœur de la société du savoir, l’ES représente des investissements mondiaux de 1 900 milliards de dollars (Kim, 2017); au Canada, les revenus totaux des établissements d’ES dépassent les 38,7 milliards (Statistique Canada, 2020). Ces investissements servent à soutenir les missions de l’ES, qui contribuent directement à la société du savoir par ses activités : enseignement et apprentissage; recherche et innovation; service aux collectivités (Kerr, 1963). Or, malgré la multiplication des rapports et des avis du Conseil supérieur de l’éducation, des rapports et des analyses faits pour le gouvernement (Bissonnette et Porter, 2013; Corbo, 2013, 2017) et des recommandations découlant du chantier sur l’université du futur (Quirion, Bergeron, Corbo et al., 2021), notre connaissance des conditions dans lesquelles s’accomplissent ces missions demeure limitée.
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